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L’OTAN, Macron cogne, mais mou.

  • Photo du rédacteur: André Touboul
    André Touboul
  • 9 nov. 2019
  • 3 min de lecture


En parlant de « mort cérébrale de l’OTAN », une fois encore Macron cogne, mais, encore une fois, il retient ses coups.


En 1966, après plusieurs tentatives de donner à la France une voix au chapitre dans les décisions de défense, et devant le refus catégorique américain, De Gaulle décide de sortir de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. L'opposition socialiste déposa alors sans succès, en avril 1966, une motion de censure contre le gouvernement Pompidou. Maurice Faure, le centriste déclarait alors « si chacun de nos alliés se comportait comme vous le faites et prenait les décisions que vous venez de décréter, cela ne signifierait rien d'autre que le retrait de toutes les forces américaines du continent européen. ». Il n’en a rien été.


Dans le Traité, mais hors de l’Organisation, la France a très bien vécu, de 1966 à 2009, date à laquelle Nicolas Sarkozy réintègre totalement la France dans cette organisation coûteuse dont l’utilité n’a jamais été démontrée, et l’inutilité est désormais certaine.


« Au total, la contribution française s'élève à un peu plus de 138 millions d'euros, soit environ 7,5 % du budget total de l'OTAN. Elle se place au 5ème rang derrière les contributions des Etats-Unis (486 millions d'euros, 25,9 %), de l'Allemagne (361 millions d'euros, 19,2 %), du Royaume-Uni (209 millions d'euros, 11,2 %) et de l'Italie (144 millions d'euros, 7,7 %) ». (Source Sénat) Cette dépense s’ajoute aux dépenses propres qui sont de l’ordre de 57 milliards de dollars. Un effort par habitant deux fois plus important que l’Allemagne, et également doublé par rapport au PIB.


Ce qu’il faut pour faire avancer l’Europe, ce n’est pas critiquer l’OTAN, mais en sortir.


L’avantage ne serait pas seulement de clouer le bec de Trump en le prenant à son propre jeu, mais d’abord d’économiser une contribution sans contrepartie réelle ; l’OTAN ne défend notre territoire contre aucun ennemi, et ne nous accompagne significativement dans aucune action extérieure sans y avoir intérêt propre, de sorte que nous sommes leurs supplétifs.


Soyons réalistes, si le job de gendarme du monde est trop onéreux pour les États-Unis, faire la police est hors de prix pour la France. En Afrique, les avantages des missions restent à démonter, et les inconvénients sont certains en donnant à certains l’occasion de parler de néocolonialisme.


Ailleurs, les interventions vont prendre fin, puisque les américains se retirent. Au demeurant, pour la France, ce sera un argument de moins pour les Islamistes qui soutiennent que leur lutte est légitime du fait que la France vient porter la guerre chez eux.


Le retrait français de l’OTAN n’aurait aucune chance de faire exploser l’Union Européenne qui n’est en aucune manière fondée sur la défense. Tout juste, les pays de l’Est auraient là l’occasion de toucher du doigt que la prétention de Trump de voir les européens payer plus pour un parapluie qui ne s’ouvrira pas est un échec. L’abandon honteux des alliés Kurdes par Washington devrait aussi les faire réfléchir. Tout comme l’absence totale de réaction militaire américaine lors de l’annexion de la Crimée. Il serait illusoire de miser sur un changement de cap après le départ de Trump, Barak Obama était sur la même ligne en fixant pour la Syrie une ligne rouge qui fut franchie sans réaction de sa part.


L’amélioration des relations de la France avec la Russie n’a pas la valeur d’un renversement d’alliances, mais il est tout à fait propre à prendre l’Allemagne en sandwich et lui forcer la main, ainsi que en témoigne la réaction agacée d’Angela Merkel.


Le retrait de la France ne ferait que prendre acte de l’inanité de l’organisme Atlantique. En effet, si la fonction crée l’organe, l’absence de fonctionnement le détruit.


L’une des conséquences de la fin de l’OTAN serait de hâter le réarmement allemand. A un moment où Macron exhorte vainement notre partenaire à relancer son économie par des investissements publics, voilà un domaine pour lequel nos cousins germains se feront douce violence. Ce qui s’est passé aux deux siècles précédents avec le militarisme prussien pourrait refroidir les enthousiasmes, mais il serait faux d’y voir le présage d’une quelconque menace. En aucune manière, l’on ne pourra, Outre-Rhin, redevenir une puissance militaire de premier rang.




 
 
 

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