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Les contre-pouvoirs ne font pas le job

12 déc. 2019
2 min de lecture



La raison d’Etat est invoquée comme un absolu qui dépasse la morale, mais l’intérêt de l’Etat n’est pas toujours celui du peuple. Il est trop souvent celui de ceux qui incarnent l’Etat, c’est à dire la classe de gouvernement. Parfois même, il est celui de ceux qui occupent momentanément le pouvoir.


Il est donc mauvais que les serviteurs de l’Etat s’affranchissent des contraintes qui s’imposent aux simples citoyens pour garantir qu’ils ne se nuiront pas les uns les autres. L’exercice du pouvoir les y porte cependant.


C’est pour cette raison que les contre-pouvoirs sont nécessaires. Eux seuls par l’assurance qu’ils fournissent que l’Etat n’est pas utilisé abusivement permettent à la confiance d’exister au sein du peuple.


Ils n’ont pas pour fonction de contrer le gouvernement, mais de le contrôler, de vérifier que son action n’est pas préjudiciable à ceux qu’ils représentent.


Plus précisément. Ils n’ont pas à gouverner à la place des dirigeants, mais de vérifier que ceux-ci ne poursuivent pas des fins personnelles ou des intérêts de caste.


Le plus souvent, ils ont pour méthode de négocier au plus près les sacrifices qui sont demandés aux citoyens. Étant supposés qu’un sacrifice exagéré sera le signe d’un dévoiement de l’intérêt public.


Les contre-pouvoirs ne peuvent avoir le dernier mot que sur un domaine particulier, celui dont ils ont la garde.


Les corps intermédiaires sont aussi des contre-pouvoirs. Ils ont une représentativité limitée. Mais sans eux le peuple est privé de parole et n’a bientôt que la violence qui est le mode d’expression des sourds muets.


Les contre-pouvoirs sont l'antidote à l'abus de pouvoir.


Hélas en France, les contre-pouvoirs, comme la Presse et les syndicats préfèrent empoisonner le climat social plutôt que de l'assainir. En ce sens, ils perdent en crédibilité et ne faisant pas le job ils facilitent les abus d'une élite technocratique.


Dès lors, le seul contre-pouvoir efficace est celui de la rue qui se mobilise par les réseaux sociaux. Mais c'est pour les gouvernants un interlocuteur infirme car, s'il sait dire non, il est impossible de lui faire entendre la voix de la raison.



 
 
 

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