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A la recherche de la crédibilité perdue

  • il y a 11 minutes
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L’addiction de la France à la dépense publique n’est plus à démontrer. Des allocations aux particuliers distribuées largua manu, jusqu’aux subventions aux entreprises, par ailleurs pressurées, en passant par des masses salariales versées aux agents publics, ces postes de dépenses courantes ont creusé le trou de la dette publique à ce point que le déficit devient hors de contrôle.

Eu égard au niveau record des prélèvements obligatoires (impôts, taxes, cotisations), il était inévitable de recourir à l’emprunt.


Pour justifier cette politique délibérée, nos dirigeants rétorquaient à ceux qui s’inquiétaient de l’endettement de l’Etat, que l’on empruntait à taux zéro, voire négatif. En somme, on gagnait de l’argent en empruntant ! L’idée que le prix de l’argent pouvait un jour redevenir positif et même de plus en plus élevé, n’effleurait pas nos brillants sujets qui avaient toujours raison. Ils n’étaient pas capables d’imaginer que la dette resterait à financer quand les marchés se retourneraient. Cela porte un nom qui nous vient du latin : imbécillité. Cette lacune intellectuelle et morale, a conduit notre élite méritocratique d’Etat à saborder les services publics qu’elle avait pour mission d’assurer : enseignement, santé, sécurité…etc, rien n’a échappé à leur incurie.


Si pour ces prestations, les Français n’en ont plus pour leur argent, cela pouvait perdurer sans véritable limite, le peuple pouvant endurer longtemps en se contentant de se plaindre de l’Administration comme l’on se plaint du mauvais temps, un mal inévitable.


Sur la question financière, il en va autrement. Le poids des intérêts de la dette publique est devenu tel qu’il paralyse toute politique publique. Il rend superfétatoire tout programme de gouvernement. À quoi sert-il de promettre des mesures nouvelles et des réformes structurelles lorsque l’on n’a pas le premier sou pour les mettre en œuvre ?


Cet empêchement est prégnant, il obstrue toute perspective. C’en est à ce point que Mélenchon, qui d’habitude ne recule devant aucun délire, en est venu à proposer de « ne pas rembourser » un partie de la dette. Gribouille qui se jette à la mer pour éviter d’être mouillé par la pluie. Au-delà de l’absurdité du propos qui relève à la fois du perlinpinpin, irréalisable et serait dommageable s’il était mis en œuvre, il révèle que cette dette est un verrou majeur qui commande tout le reste.


On disait jadis pour le critiquer que le Ministère de l’économie et des finances, était celui « des économies, et de la finances ». Il est urgent qu’il le devienne vraiment et se consacre à faire des économies et à assainir ses finances.


Pour réduire le déficit, le bon sens commande d’agir sur les dépenses, mais très vite, nos gouvernants exposent que les économies à en attendre seraient de « bouts de chandelle ». Selon eux, tout est nécessaire, et même, à les entendre, les personnels sont « à l’os ».


Les seules solutions envisagées sont, de fait, des augmentations d’impôts. Cela pourrait être un moyen logique de diminuer le déficit en jouant sur les recettes, s’il n’existait un curieux paradoxe propre aux finances de l’Etat.


Il s’agit du fait que toute rentrée supplémentaire d’argent dans les caisses publiques provoque deux conséquences aussi inévitables que néfastes. Dans ce pays, l’impôt est une drogue dure et l’overdose est proche.


Tout d’abord, tout ce qui rentre fait ventre. Un euro d’impôt supplémentaire ne va pas au remboursement de la dette publique, mais se dirige vers des dépenses supplémentaires qui, ainsi que le prouve l’expérience, vont au fonctionnement et jamais à l’investissement productif. Cette propension à jeter l’argent public par les fenêtres est d’une telle évidence qu’un expert en la matière comme Thierry Breton en vient à  s’écrier : « mais qu’est-ce qu’ils ont fait de l’argent ? ». Cri du cœur d’un ancien Ministre des Finances. La réponse est simple, « ils » ont appliqué le « quoiqu’il en coûte », revendiqué par Emmanuel Macron, mais inhérent à la nature même de l’élite d’Etat, et en cela a commencé bien avant lui.


Ensuite et enfin, chaque euro qui est retiré de la sphère de l’économie privée perd de son efficacité économique. « Trop d’impôt, tue l’impôt », ne vise pas uniquement les voies de contournement par exil, optimisation ou fraude des contribuables. L’effet toxique majeur d’un matraquage fiscal, est qu’il constitue un coup de frein sur l’économie. Ce ralentisseur de l’activité tant en ce qu’il décourage l’initiative que parce qu’il prive le privé de ressources productives, induit fatalement une baisse des recettes fiscales.


L’équation est sans solution, puisque l’augmentation des recettes provoque un aggravation du déficit.


Il est vain d’espérer qu’un candidat ou un parti politique ne parvienne à articuler un programme crédible qui ne commence pas par une révolution des pratiques administratives.

Pour éviter de se remettre en cause, nos dirigeants arguent que le service des retraites constitue 24 % des dépenses publiques, et que, donc, la première des économies est de diminuer les prestations de retraites… d’abord en en gelant l’indexation.


Etrange affaire. Car dans un système de retraites par répartition, en principe, on ne distribue que ce qui est cotisé.


En fait, les retraites qui posent un problème structurel sont celles des personnels publics.


Pour en avoir le cœur net, interrogeons Chat GPT. Voici sa réponse :


« Le point essentiel est assez contre-intuitif :


« Les retraites ne sont pas la cause principale du déficit public français actuel. Elles « représentent une dépense énorme, mais le système de retraite est actuellement proche de « l’équilibre, tandis que le déficit public provient surtout de l’État.


« Les chiffres 2025

« En 2025, le déficit public français s’élève à 152,5 milliards d’euros, soit 5,1 % du PIB.

« Il se décompose ainsi :

Secteur public

Solde 2025

État et administrations centrales

−130,3 Md€

Collectivités locales

−15,6 Md€

Sécurité sociale

−6,7 Md€

Total

−152,5 Md€

« Donc environ 85 % du déficit public provient des administrations centrales, essentiellement de l’État. »




L’IA a bien des défauts, mais elle ne ment pas. Simplement parce qu’elle ne poursuit aucun but. Le personnel politique est menteur par essence, son excuse morale étant qu’il est des vérités qu’il vaut mieux taire, que les gens ne sont pas prêts à entendre, et il se dédouane en prétendant que mentir par omission n’est pas vraiment le mensonge. Bref, si les politiques mentent au peuple des Lapins crétins, c’est pour son bien.


On pourrait leur pardonner ce travers, qui tient de la déformation professionnelle. Mais que dire des économistes qui travestissent les réalités et jonglent avec les chiffres pour justifier leurs a priori militants ?


Que dire quand même le prix Nobel  Philippe Aghion, n’hésite pas à invoquer le 24 août sur Radio Classique les 400 milliards de prestations de retraites pour en justifier le gel de l’indexation, en laissant penser que là git le lièvre que l’orthodoxie budgétaire doit pourchasser.


La réalité du déficit public est le fait de l’Etat et de ses administrations centrales, elle n’est pas imputable aux retraites ou à la sécurité sociale, le fameux modèle français dont on menace de nous priver si l’Etat devait faire des économies.


Evidemment, on ne peut espérer de l’élite d’Etat qui dirige la France qu’elle se mette à la diète. C’est pourtant là que se trouve l’origine de la débâcle financière de la France. L’IA, qui n’a pas fait l’ENA, ne fait aucune difficulté pour vendre la mèche.


Quelle bonne idée que de soumettre à  l’IA, mauvais maître mais bon serviteur, les affirmations péremptoires des médias et pourquoi pas les programmes des candidats ! Voilà un exercice de vérité qui ne coûte rien et à la portée de tous. Nul doute, si cela devenait systématique, que les uns et les autres seraient poussés à plus d’honnêteté et retrouveraient un peu de leur crédibilité perdue.


Certains affirment que l’IA serait consultée dans l’élaboration des programmes politiques (Robert Ménard dans le Figaro du 26 août 2026). On pourrait en douter, car s’il en était ainsi leurs catalogues irréalisables ne seraient pas aussi délirants. A moins que les questions posées aux robots ne soient pas « quelle est la politique la plus adaptée à la situation du pays ? », mais « quels sont les propositions qui seront le mieux accueillies par les électeurs ? ». L’IA, bonne fille, répond aussi spontanément à l’une qu’à l’autre, car elle n’a aucun état d’âme, vu qu’elle en est dépourvue.

 
 
 

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