Après la Gauche caviar, la Gauche Dagobert
- il y a 14 heures
- 4 min de lecture

Des groupes portant cagoule en uniforme sombre qui saccagent un hôtel de ville, d’autres qui insultent les élus, après que certains aient battu à mort un opposant à leur idéologie… Comment ne pas y voir le retour des milices des années noires de l’Europe. Ces formations politiques séditieuses entretiennent, comme le faisaient jadis la même sorte d’activistes factieux, des relations aussi troubles qu’étroites avec la criminalité organisée ; hier les gangsters, aujourd’hui les narco-trafiquants.
Comme sur bien des plans où les rôles se sont inversés, les extrémistes de droite du siècle dernier sont remplacés par ceux de gauche. Le Socialisme de maintenant, c’est l’image du fascisme voire du nazisme qui se regarde dans un miroir. Le racisme, c’est la Gauche qui veut tout raciser. L’antisémitisme, c’est aussi la Gauche. L’anti-France, c’est encore elle. La révolution anti-républicaine et la dictature sont l’essentiel de son projet politique. On devrait d’ailleurs, parler des Gauches, car elles sont plurielles dans l’indignité, comme jadis Jospin les avait rêvées dans les vertus. Entre les Insoumis tels qu’ils sont, et le Parti socialiste tel qu’il est devenu, il n’y a pas de différence de nature, mais seulement de degré. Seuls les moyens les opposent, leurs diagnostics sont les mêmes, et leurs fins sont semblables.
Pour eux, le capitalisme, c’est à dire la liberté, est par essence mauvais. Il convient donc de le limiter, sinon le supprimer. Il n’y a de salut que dans un Etat supposé nécessairement bienveillant. Telle est la colonne vertébrale de la Gauche dans son ensemble, alors que dans la pensée libérale, c’est l’individu qu’il convient de protéger des excès de pouvoir du Léviathan étatique.
Les Socialistes bien nourris ont une certaine réticence à user de violence, mais ils relativisent vite cette répugnance quand il s’agit de s’allier avec des Mélenchonards affamés dans les combats électoraux. De fait, s’il existe cinquante nuances de gauche, chacune trouve toujours une bonne raison de préférer l’efficacité de l’union, à la solitude d’une conduite éthique.
Dans la seconde moitié du 20ème siècle, l’on se disait « homme de gauche » en bombant le torse. La Gauche revendiquait l’humanisme, l’anti-racisme, la culture, les arts, la solidarité, le pacifisme, le progrès, voire même la science… telles étaient, disait-on, les valeurs de gauche. En pratique, c’était la Gauche caviar dont le soutien à Castro se limitait à fumer des havanes, tout en profitant de l’Etat qu’elle disait servir.
Cette époque est révolue. Tout ce qui faisait la fierté de la Gauche s’est trouvé cul par-dessus tête, et à force de mettre sa culotte à l’envers le roi Dagobert socialiste se retrouve tout nu. Le fait olfactif est avéré, la Gauche sent mauvais, et elle empuantit le débat politique tout entier.
La méritocratie nombriliste créée par la bien-pensance de gauche a pris les commandes d’une France éternelle amoureuse de son histoire et en plein essor ; elle en a fait un pays endetté, décadent, honteux de ce qu’il a été, écœuré de ce vers quoi il va.
Dans la chute du Socialisme, ce ne sont pas les moyens non démocratiques qui ont pollué les fins. Ce sont les projets de société qui se sont effondrés. Les lendemains ont commencé à chanter faux quand l’Union Soviétique a fait faillite dans ce que l’on présente un échec économique, mais qui constituait celui d’une organisation totalitaire qui par sa conformation bureaucratique ne pouvait que se trouver en contradiction avec les valeurs humaines qu’elle proclamait, et qui faisaient sa force de persuasion politique. Cette antinomie a scellé sa perte.
La Gauche a perdu sa crédibilité dans les gravats du mur de Berlin. La victoire du Monde libre n’a pas été tout à fait celle de la liberté. Elle a permis ou provoqué l’explosion de l’Islamisme qui couvait sous les dictatures socialisantes.
Le discours de gauche, devenu creux, est resté dominateur en se prétendant toujours détenteur du ministère du Bien et du Mal. Que les vraies valeurs aient dû être inversées, cela n’a pas empêché les perroquets de continuer à réciter les leçons apprises. Et de se conformer à la doxa de la haine qui tient lieu à la Gauche d’idéologie.
Combien de temps faudra-t-il pour que les hommes de bonne volonté (et les femmes, bien entendu) se rendent compte que leurs vocabulaires vertueux et leur syntaxe catégorique d’hier ne peuvent justifier n’importe quoi ? Désormais, le peuple n’est plus l’abruti que les grands penseurs socialistes se sont plu à décrire. Il voit ce qu’il voit, comme le conseillait Péguy. L’élite qui vit de et par l’Etat, et dont les yeux ne sont toujours pas décillés, campe dans le déni, elle ne parvient qu’à se décrédibiliser. Ceux qui croient qu’il suffit de nommer les choses par des formules nouvelles pour qu’elles changent de nature doivent déchanter. L’union de la Gauche est devenue un consortium de faussaires.
Les dernières élections ont montré que les contrefacteurs ont de plus en plus de mal à écouler leur monnaie factice. Il reste cependant en circulation beaucoup de faux billets de gauche que la Droite et le Centre gardent en portefeuille, sans se rendre compte que ce sont ces petites coupures qui vont les ruiner… au profit de l’extrême droite, qui n’a rien d’autre à faire que les laisser se déconsidérer.
Tant qu’ils se contenteront de la « politique du chien crevé qui suit le fil de l’eau », selon la formule féroce d’André Tardieu pour qualifier le pusillanime Aristide Briand, ils ne pourront conjurer une alternance féroce qui les dépassera.
Commentaires