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Bas les masques  !

il y a 18 heures
6 min de lecture


Lisez Fitoussi. Non pour en sourire, en ce moment on a plutôt envie de rire jaune, mais pour cesser de se faire duper par les détournements de valeurs dont l’extrême gauche s’est fait un mode de vie. Le ressort majeur des dynamiteurs de la République et de la société française pourrait être résumé en un mot  : « à l’envers ».  Ils nous la font à l’envers.


Dans Les valeurs de la République, son dernier ouvrage, Samuel Fitoussi pousse la démonstration jusqu’à l’absurde. Sa démarche est celle de l’humour salutaire, mais sa politesse est  proche de celle du désespoir.


On le lit, comme on visite un champ de ruine. On constate les dégâts du paysage mental que propagent les médias, complices sans le vouloir vraiment, idiots inutiles de la  grande déconstruction qui même sans eux serait à l’œuvre... mais moins vite.


Le mal pourrait aussi être traité sérieusement, pour peu que l’on refuse de s’y résigner, car dans le rire, qui n’est pas une épreuve de force, mais un rapport de faiblesse, un pied de nez du faible au fort, il y a une forme de soumission fataliste à un état de fait.


On peut observer que la société française, comme plusieurs autres qui bénéficient de régimes de liberté, est l’objet d’un travail de sape qui s’emploie à détruire ses fondements culturels en les inversant. Le projet politique est de désorienter, étourdir et affaiblir le corps social pour en prendre plus facilement le contrôle.


L’escroquerie morale et intellectuelle du discours d’extrême gauche est de brandir des principes respectables, et même sacrés en les appliquant à rebours.


Imperturbablement un LFI affirmera catégoriquement que la démocratie suppose que la violence populaire est  légitime. Le terme populaire n’est évidemment pas applicable aux casseurs/pilleurs, mais le mot démocratie inspire le respect même vidé de son sens, ces deux trahisons font disparaître le contre-emploi de « violence légitime ».


Il existe aujourd’hui une spécificité  fondamentale de l’extrême gauche en France, elle réside dans l’utilisation d’une réthorique, qui avance masquée. Son vocabulaire constitué d’oxymores est une panoplie de grand principes qui sont utilisés à contresens.


Le droit  de manifester est un principe indiscutable, mais si les manifestations sont l’occasion de livrer le pays aux casseurs/pilleurs, se pose alors, comme pour le droit de grève, le problème des devoirs inhérents à sa pratique. On ne peut à la fois exiger que les pouvoirs publics assurent la sécurité des cortèges pour se défausser de son devoir de respecter l’ordre public, et proclamer que la police tue.


Pour  des « démocrates » comme Mélenchon, la liberté d’expression ne vaut que si c’est la leur qui se fait entendre, les autres sont toutes des menées fascistes à interdire.

Ces évidences devraient discréditer les revendications de liberté des LFI qui ne valent que pour eux. Il n’en est rien, et voici pourquoi.


Notre personnel médiatique, sauf rares exceptions, est d’une telle médiocrité qu’il utilise lui aussi un vocabulaire corrompu dont il a oublié le contenu, ou même ne l’a jamais appris. L’utilisation de clichés sert de guide à leurs interviews, de leitmotiv à leurs éditoriaux. Mais derrière l’idée reçue, qui est plus  un verbe creux qu’une idée force, se cache une soumission sournoise à une idéologie dont ils ne voient pas qu’elle vise à la destruction du système dont ils vivent.


Le phénomène s’explique, non pas par le comportement suicidaire d’une classe moutonnière, mais par une perte radicale de repères. En s’effondrant, le mur de Berlin a ouvert les esprits sur la possibilité d’autre chose que le marxisme. Car les professeurs d’aujourd’hui sont les cancres d’hier.


Un nouveau mode de pensée tarde à advenir, de sorte que l’on continue à partager des lambeaux de dialectique, ce réflexe de pensée selon lequel tout s’analyse en conflits. Pourtant, le vingtième siècle a prouvé à quel point la philosophie du conflit pouvait se traduire en de sanglantes conséquences.


Tout conflictualiser, est le mot d’ordre de Mélenchon. Il s’agit simplement de revenir au siècle du conflit, par une analyse dialectique appliquée à tort et à travers. Dans ce contexte, il joue sur le capital moral du « camp du bien », dont la gauche a le monopole.


En lutte contre l’oppression, les féministes qui revendiquent le port du voile au nom de la liberté alors qu’il est la marque de la soumission de la femme, et de  son  infériorité, n‘ignorent pas ce détail. Elles, ou ils, cultivent le paradoxe pour déconstruire une société abhorrée, en démontrant l’inanité de son principe fondamental de liberté de l’individu.


Tourner en bourrique. La méthode est ancienne, elle consiste à déboussoler, pour mieux dominer, c’est la stratégie des séides de Mélenchon.


Certains mots sont sans réplique.  La « mobilisation » est une expression sacrée de la volonté du peuple, qu’il est interdit de contester, sauf, évidement quand il s’agit de mouvements de droite. Le racisme tue, c’est un fait, mais selon LFI la racisation qui consiste à l’exacerber, non.


Pour la première fois, on a entendu Sébastien Lecornu déclarer devant le Sénat ce 21 octobre, que l’Etat de droit n’était pas à géométrie variable et que remettre en cause la Justice n’est pas plus autorisé à la gauche qu’à la droite. Cette version du « privilège rouge » que l’on entend souvent sur CNews, est un tournant dans la bouche d’un Premier ministre.


Quand le Ministre de l’Intérieur, le même jour au Sénat parle de « convergence des brutes », on est bien loin de la complaisance d’Emmanuel Macron pour la sensibilité de la gauche extrême.


La distorsion des institutions et des valeurs par l’extrême gauche est désormais entrée dans le langage officiel. Tout n’est pas perdu. Si les masques tombent.


Georges Pompidou dans Le noeud gordien (livre posthume) invite à « Bien choisir ses dirigeants »…. « Cela, afin de limiter les pouvoirs de l'État, de ne lui laisser que ce qui est sa responsabilité propre et qui est de nos jours déjà immense, de laisser aux citoyens la gestion de leurs propres affaires, de leur vie personnelle, l'organisation de leur bonheur tel qu'ils le conçoivent, afin d'échapper à ce funeste penchant qui, sous prétexte de solidarité, conduit tout droit au troupeau ». Et le troupeau, à l’abattoir, pourrait-on ajouter. Les majorités silencieuses ont quelque chose du silence des agneaux.


La recommandation du successeur immédiat de De Gaulle est dans cette rubrique très actuelle du choix des dirigeants, d’écarter les technocrates, sortis de l’ENA ou Polytechnique. Il vise spécifiquement ces deux écoles. Il aurait détesté  Macron et honni le macronisme, l’élite d’Etat qui a ruiné la France lui aurait donné la nausée.


Dans une perspective de vide politique, le but des LFI est de solidifier un socle électoral, de minorités victimisées et racisées, abusées par un discours redoutablement efficace, car on aime être plaint. Mais l’effet recherché est aussi de cornériser les socialistes, autrement dénommés sociaux-traitres. Telle est la stratégie classique de l’extrême gauche qui ne s’allie à la social-démocratie que quand celle-ci est à l’agonie. Certes Mélenchon, ingénieur en chef du chaos, n’a pas la candeur de croire qu’il va par ce moyen conquérir le pouvoir, eu égard à la sociologie majoritairement bourgeoise de la France. Mais, qui sait ? Sur un malentendu…


On pourrait penser que le chef des LFI a réalisé une démonstration de force en montrant un avant goût de ce qui se produirait en cas de victoire électorale de Marine Le Pen et du RN. Il invoque une  désobéissance non violente, mais l’on voit bien qu’il s’agit de l’inverse.


En fait, il a tiré un coup de semonce un peu trop tôt et trop fort, le Gouvernement est contraint à rétablir l’ordre, en employant au besoin la force armée. La preuve sera donc donnée que la menace de chaos du leader LFI n’est rien d’autre qu’une rodomontade.


Au moment de terminer ce billet, la tragédie de Trappes. Un attentat terroriste raciste ainsi qualifié par le Parquet National anti-terroriste. Les faits sont d’une ignominie qui fait horreur. Dans quelle France vivons nous ? Par pitié,  ne nous résignons pas.   Mais peut-on être surpris de cette folie quand on est entré en guerre civile, et que l’on entend des ministres déclarer qu’il faut choisir son camp.


Hélas, quand il y a une chose à ne pas dire, on peut compter sur Macron pour s’en charger.  Sur les lieux de l’attentat,  il affirme qu’il s’agit d’un tournant car « n’y a jamais eu d’attentat raciste en France » (sic). Sa mémoire est sélective, les fillettes tuées  devant leur école juive par Mohammed Merah, il les compte pour négligeables. De fait, son intention manifeste était d’exploiter le drame pour inverser son échec à réaliser sa promesse de réduire l’extrême droite à néant. On l’avait vendu pour  un Mozart de la finance, c’est le premier violon de l’orchestre du Titanic et en plus, il joue faux.

 
 
 

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