De profundis morpionibus
- André Touboul

- il y a 3 jours
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On ne reproduira pas ici les paroles de cette chanson paillarde, façon marche funèbre, publiée en 1864 par un éditeur malicieux en l’attribuant à Théophile Gautier qui ne l’a jamais reconnue, ce que l’on peut comprendre, vu qu’il candidatait alors pour s’asseoir au sein de l’Académie française. Elle vient à l’esprit cependant, cette relation épique d’une guerre entre les morpions et les poux, car elle paraît être représentative de notre époque où les pompeux vont, sinistres et lugubres,mener leurs batailles où la gloire a une si mauvaise odeur.
Du champ de bataille ukrainien, s’élève la puanteur de 300.000 cadavres russes, alors que ce peuple dur au mal porte tatoué sur ses biceps le nom de Poutine, et que les enrichis de l’économie de guerre vont faire étalage de leur outrageante opulence à Courch, non dans leur pays, mais en France, car c’est ainsi qu’ils nomment Courchevel, où ils sont chez eux. On se demande où le maître du Kremlin cache la cohorte d’estropiés, qui inévitablement accompagnent les morts. Oui, il y a sans doute autant de victimes ukrainiennes, mais, là s’agissant de héros qui ont donné leur vie pour leur patrie, l’odeur est sans doute celle de sainteté.
Des rues et des bazars iraniens, s’exhale la douleur des morts que par plus de 30.000 en deux jours, les Ayatollahs ont massacré pour leur apprendre à vivre. On se demande d’où vient la puanteur. Regardons bien : ce sont les bourreaux qui suent d’une inexpiable nécrose de l’âme.
A la différence des belliqueux qui ont voulu la guerre et n’en ont récolté que les fruits amers, ce sont des victimes innocentes dont on parle.
Pompes funèbres, jours de ténèbres ?
Le « de profundis » est une prière d’enterrement, dont Oscar Wilde, emprisonné, fit un cri de souffrance inoubliable. Ce à quoi l’on assiste aujourd’hui est, certes, un sacrifice aux Dieux du carnage. Mais l’on peine à ne pas voir le ridicule derrière le tragique. Poutine, c’est Ubu-roi ; les Ayatollahs sont des Tartuffe.
Les morpions s’agitent. Dans le rôle de dresseur de fauves, Trump, au costume étincelant dont on se demande s’il a encore toute sa tête, tente de les faire grimper sur des tabourets, mais ils se jouent de lui. On voudrait lui concéder une certaine rationalité. Cependant, il navigue à vue dans un brouillard mental d’une incroyable épaisseur. On en rirait, si le sort du monde n’était pas entre ses mains inexpertes.
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