Déclin de l’Occident, oui mais…
- André Touboul

- 1 juin 2025
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On a forgé un mot pour désigner cette pathologie morose qui comme Cassandre prédit la fin de l’Occident, de sa domination et de sa civilisation. C’est le déclinisme.
Certes, l’Occident n’est plus aujourd’hui en position d’imposer ses volontés par la force des armes, comme il le faisait par le passé. Mais, ce n’est pas au profit d’une puissance qui lui aurait succédé. En fait, c’est le monde, tel que façonné par l’Occident, dans le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, qui est devenu réfractaire à toute domination. On dira paradoxal le fait que c’est l’avènement de sa morale et de sa politique émancipatrice qui fait que l’Occident rétrograde. Mais ce « déclin » étant le résultat d’un progrès humain, il est certainement à mettre au crédit de l’Occident.
Le recul de l’Occident n’est pas accompagné de la montée d’un puissance alternative. C’est d’ailleurs ce qui produit l’effet de flottement économique et moral qui a saisi la planète. Cela est plus un tourbillon créé par une liberté nouvelle qu’un monde nouveau.
Au plan de la civilisation, le constat est le même, ce sont les valeurs de l’Occident qui ont triomphé. Bien plus, il n’existe pas de civilisation alternative. Parcourant le monde, on voit s’agiter l’Islam qu’il faudrait beaucoup d’imagination pessimiste pour le voir représenter l’avenir de l’humanité. Il apparait comme une religion en crise de maturité. Du côté de l’Asie, la Chine sait faire tourner ses usines, mais n’a fondé aucune culture nouvelle. L’Inde reste une page blanche, un destin à écrire.
Certes les signes de la décadence sont de plus en plus présents dans les sociétés occidentales. Ils se présentent comme des progrès dans les droits des individus, donc ils affectent moins les pays en développement.
L’Occident a sacralisé le consumérisme, tout merchandisé, il a vocation à tout autoriser en s’affranchissant des nécessités morales que toute société doit respecter pour faire cohérence. L’intérêt général peine à s’exprimer dans les démocraties, mais ailleurs il est imposé par la force. Tant qu’à choisir…
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