Démagogie, je crie ton nom !
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Sur les bancs de l’Assemblée Nationale où siègent tes fidèles, aux frontons des Mairies dont ils trahissent les devises républicaines, sur les panneaux électoraux où l’on tombe si souvent, et sur mon bulletin de vote, j’écris ton nom. Sur les si bien nommées chaînes de radio et de télévision, je crie ton nom. Sur tous les réseaux asociaux, je le dis aussi. Démagogie !
Demain on rasera gratis. Ce qui était impossible jusqu’ici, adviendra… si je suis élu. Nul n’y échappera, tel sera le crédo de tous les candidats.
Comme il faudra bien choisir, proposons quelques conseils aux citoyens soucieux de ne pas se faire encore une fois posséder par des politiciens peu scrupuleux.
Tout d’abord, il convient de faire la liste de ce qui n’est pas dit. C’est là que gît le lièvre. Tenez pour acquis que toute question qui n’est pas abordée, ou qui est traitée rapidement, sera cruciale. Si un candidat annonce qu’il conviendra de maitriser les flux migratoires, sachez qu’il n’en fera rien. S’il promet de maitriser les déficits en s’abstenant de dire comment, comprenez qu’il va augmenter vos impôts. S’il déclare que l’État doit faire des économies sans préciser lesquelles, c’est qu’il pense augmenter le nombre de fonctionnaires.
Les politiques sont orfèvres en contrefaçon des mots. Ce dont ils parlent doit être compris en anti-phrases. Pour eux l’antiracisme, c’est en fait du racisme à l’envers. Le social, c’est de la consommation égoïste à outrance. S’ils vantent le pouvoir d’achat, cela signifie qu’il va falloir se serrer la ceinture. Restaurer l’autorité de l’Etat veut dire qu’il n’en a pas, et va persévérer dans la couardise : fort contre les obéissants, faible contre les méchants. Le changement dont ils parlent est surtout une continuité dans leurs erreurs. Comme ceux qui ont appelé à la Révolution en marche promise par Macron qui fut apothicaire de l’ordre établi, dispensateur de tristes plaisirs solitaires et létaux, sont aujourd’hui des boutiquiers du Grand Soir, tel M le maudit, autrement dit Mélenchon, le Robespierre des banlieues. Aux grands mots, les petits remèdes. Aux petits hommes, la patrie n’est pas reconnaissante.
Ils ont gouverné le peuple contre le peuple, car ils transpirent à son égard le mépris et la défiance. Au populaire les bas instincts, à eux la sagesse et la bienveillance des juges. De l’Etat qui les nourrit, ils ont organisé l’impuissance.
Misère des temps. Dans les urnes on mettra les cendres de la démocratie. La bête serviable est malade. Mais cette licorne a-t-elle jamais existé ? Animal fabuleux, elle a toujours été mal en point. Le peuple moutonnier a toujours été conduit par des émules de Panurge. Et malgré tout, malgré eux, bon an, mal an, la France a survécu.
Mais cette fois, l’on sent que l’enjeu est immense. Autant que les prétendants sont minuscules. Dans un monde soudain devenu trop exigu pour tant d’Etats voraces, la France douce, pacifique et bonne enfant, semble ne plus avoir sa place. Son chapitre parait clôt. Les arrogants d’une élite désastreuse l’ont ridiculisée. Ils ont bradé l’héritage de nos pères, et le leur, à l’inventaire, n’est pas un bénéfice. Ils ont vendu les bijoux de famille, cédé aux narcotrafiquants, hypothéqué l’avenir. Sans vergogne, leur audace est insupportable de briguer encore les suffrages. Ce sont des pompiers incendiaires.
Du balais ! Oui, mais. C’est dans ce « mais » qu’il faudra s’engager sans savoir où il nous mêne.
Comme Rimbaud pleura, par toutes les larmes de son âme et les vers de son corps, la défaite humiliante de Sedan, pleurons la déroute annoncée de la démocratie. C’est la souillon de la maisonnée dont tout le monde veut abuser et que personne n’aime vraiment. Trouvera-t-elle chaussure à son pied ? Si cela se produit la citrouille de l’Elysée redeviendra carrosse.
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