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L’air du temps est aux démissionnaires

  • 16 mars
  • 4 min de lecture



Au Moyen-Orient, le fond de l’air effraye. L’issue de la guerre de Trump est d’autant plus incertaine que l’on ne cesse de répéter que le Président américain ne sait pas lui-même où il va. Avec une opiniâtreté sans égale le commentariat tire sur le pianiste. Doctement, on invoque « l’état final recherché » pour en dénoncer l’improbabilité, voire l’impossibilité, que ce soit : le changement de régime en Iran, la récupération des 400 kilos de combustible nucléaire, la destruction des stocks de missiles aux mains des Pasdarans, ou la fin du financement des proxis de la mollarchie, Hezbollah, Hamas, milices irakiennes, et autres Houthis.


L’évidence qui se dégage est la conduite jusque-boutiste du régime des Mollahs, qui semble avoir, lors des massacres de la population iranienne en janvier, donné carte blanche à son bras armé les Gardiens de la Révolution, dont le nouveau Guide, le fantomatique Mojtaba Kameini, est un affidé. La stratégie du pouvoir iranien est d’étendre le conflit, ce que l’on peut comprendre ; mais il le fait en agressant tout son voisinage, de sorte qu’il ne parvient qu’à augmenter le nombre de ses ennemis, alors qu’il ne compte aucun allié, ni russe, ni chinois. Ce comportement démontre que le régime iranien utilise les moyens des désespérés. Il est confirmé par la fermeture du détroit d’Ormuz qui ne peut conduire qu’à un blocage de ses propres exportations pétrolières. On ne peut qu’en conclure qu’il était urgent d’entrer en guerre contre un régime sur la voie de doter ses très nombreux missiles de charges atomiques pour détruire Israël, car tel est son objectif idéologique et même théologique majeur. Il est inutile de détailler ici les conséquences de cette situation que chacun imagine.


Avec une hypocrisie remarquable les Européens, et au premier rang Emmanuel Macron, se désolidarisent de cette guerre tout en reconnaissant qu’il était impératif de faire tomber le régime des Mollahs, comparable à de la nitroglycérine sur un chemin cahotant comme le camion fou du Salaire de la peur. L’adoption par la France d’une posture défensive de ses intérêts et de ses amis du Golfe a le mérite d’éviter l’inaction, mais on ne voit pas quel résultat l’on peut en attendre, si ce n’est le retour à l’état antérieur à l’ouverture du conflit.


Se gausser d’un Trump qui brigue le Nobel de la paix en bombardant comme jamais, voila une facilité à laquelle les médias ne résistent pas. Se joignent à la critique une escouade de généraux, amiraux et autres experts hyper compétents qui s’extasient devant la « résilience » des iraniens, et prédisent l’échec de l’opération américaine. L’hostilité au Président américain parait dominer tout jugement sur les enjeux. Et comme du temps des infectiologues du COVID, nul ne propose la moindre solution pour résoudre la question iranienne.


Tous prédisent la volte-face du Président bateleur, que l’on couvre de sarcasmes. Cette dérision, sans doute méritée, est cependant dérisoire. Le fond du problème, qui est aussi le notre, est le régime iranien, qui, s’il survit, continuera à martyriser sa population, et achèvera de se doter d’une arme nucléaire… qu’il utilisera. A la différence de la Corée du Nord, contrôlée par la Chine, seul le Dieu des Mollahs a du pouvoir en Iran.


La vraie question qui se pose est celle de savoir ce que notre pays et l’Union Européenne doivent faire pour éviter ce péril. Pour l’UE, elle est aux abonnés absents, comme toujours quand l’heure est grave. La France montre ses muscles, en assurant qu’elle ne s’en servira pas. S’il s’agit des Occidentaux, hors l’Amérique, les Mollahs n’ont pas de soucis à se faire.


Etrangement, les spectateurs du conflit déclarent prévoir et souhaiter un retrait brusque de Trump, tout en en redoutant les effets, s’il ne finit pas le boulot. En tout cas, l’on ne fait rien pour éviter qu’il jette l’éponge. Décidément, sur la scène internationale, l’air du temps est à la démission.


Sur le plan intérieur franco-français, la tendance est aussi à baisser les bras. Les Municipales sont une occasion de le constater.


Elles étaient une opportunité de revanche pour les Français ulcérés par le spectacle d’une classe politique en déliquescence, marquée par son impuissance à gouverner et sa reluctance à faire son devoir minimal qui est de voter un budget pour l’Etat. On pouvait attendre des élections municipales, qu’un courant d’air frais balaye tous les miasmes des renoncements des uns et des outrances des autres. Il ne s’est produit qu’une confirmation de la désintégration du paysage politique qui sera l’ouvrage majeur de la présidence Macron.


L’abstention, au premier tour, est massive, et l’abstention c’est la démission du citoyen.


Les changements de règles du scrutin pouvaient dérouter ; en particulier, l’impossibilité de rayer des noms sur les listes a rendu la consultation superflue pour les petites communes où il n’y avait qu’une seule liste, c’est-à-dire les deux tiers de l’ensemble. Dans ces conditions, vouloir tirer des conclusions nationales de ce vote municipal, est un exercice vain. Les performances de tel ou tel parti sont à apprécier uniquement dans le cadre de la France urbanisée. Il est impossible de les extrapoler à tout le corps électoral.


Un enseignement cependant d’ordre général s’impose. C’est le désenchantement de l’avenir qui est dans l’air du temps. Cela ne surprendra pas dans un pays que l’on constate s’enfoncer dans un déclassement que nul ne semble être en mesure d’inverser ou même ralentir.


A la prochaine échéance qui sera présidentielle, il faudra bien trancher tout ce que la procrastination actuelle refuse de regarder en face. Quand au personnel politique pusillanime qui n’a pas su faire son devoir de gouverner pour de vrai, nul doute que l’air du temps sera pour beaucoup un Autant en emporte le vent.

 
 
 

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