L’Europe et le syndrome de l’homme invisible
- 25 avr.
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Sur l’Iran, et les 30.000 victimes massacrée en deux jours par le régime des Ayatollahs, le silence de l’UE est assourdissant. Sur le conflit Israélo-Palestinien son bavardage est un prêche dans le desert. Dans les deux cas, sa règle de conduite est celle de l’inaction, tirée du Bréviaire des couards et des pleutres. Dans les deux cas, l’inaction est de rigueur. En ce qui concerne l’Ukraine, l’UE a beaucoup parlé et peu agi, les Allemands en particulier qui ont refusé de liver leurs Taurus qui auraient changé la donne, en repoussant les lignes de départ des attaques russes. Le comble de la jobardise est de présenter un prêt de 90 milliards d’euros comme un tour de force. Il aurait été bien plus pertinent de proposer à Trump de l’aider contre le régime sanguinaire de l’Iran à condition qu’il revienne aider l’Ukraine. Cela aurait eu, au moins, la vertu de clouer le bec à l’oncle Donald.
On ne cesse de dire que l’Europe est une puissance qui s’ignore. Et l’on voudrait s’étonner qu’elle soit considérée comme quantité négligeable, alors qu’elle s’est effacée elle-même, à l‘ombre de la puissance économique et militaire américaine.
Elle se veut exemplaire, et n’est que transparente. C’est l’homme invisible. L’exemplarité de l’Europe est une idée pré-coloniale et coloniale, et sa version post-coloniale consiste à s’autoflageller, ce qui, pour être objectif, désoriente de nombreux pays qui avaient acheté la civilisation occidentale comme une marchandise franche et loyale, mais ne savent pas par quoi la remplacer. Le Sud Global en perd le nord.
Dans le roman de H.G. Wells, L’homme invisible, le héros est un chercheur dévoyé qui se rend invisible et en profite pour commettre des vols et autres mauvaises actions. Il expérimente cependant les inconvénients de son état. Sa fin est édifiante. Mis à mort par le peuple, son cadavre devient de nouveau visible. On peut craindre que pour l’Union européenne, il en soit de même, et qu’elle ne commence à devenir nécessaire que quand les peuples qui la composent n’en voudront plus.
En vérité, l’UE n’a jamais été une nation, elle est, dans sa version actuelle, un ectoplasme, qui n’est visible que par les adeptes du spiritisme.
On s’émerveille qu’elle aimante tous les pays qui la jouxtent, mais on reste discret sur le pont d’or que les membres fondateurs ont construit pour attirer les candidatures.
Même sa monnaie est une auberge espagnole où chacun apporte ses déficits publics. On se souvient de la Grèce, mais il y a l’Italie, et surtout, désormais, la France.
La corne d’abondance qu’elle tend à qui veut y puiser est un leurre, elle n’est remplie que parce qu’elle a délégué ses budgets de défense aux Américains.
Sa prospérité relative est un miroir aux alouettes qui migrent en espérant en profiter de modèles sociaux sans pareils, et au final se font exploiter.
Sa civilisation est cul par dessus tête. Les camps du Bien et du Mal ont échangé leurs casaques. Les mots y ont inversé leur sens.
Néanmoins, dans un monde incertain, c’était une idée simple : miser sur la paix, et l’interdépendance pour y parvenir. Hélas, des gouvernants stupides ont transposé la mise en commun de souverainetés en un abandon généralisé. Ils ont construit une Union sans frontières.
Or, pour exister, l’Europe doit être un Hyper-Etat, et se conformer à un principe que vient de rappeler la parole papale.
Peut-on être en désaccord avec le Pape ? Léon XIV vient que déclarer qu’un « Etat a le droit d’imposer des règles à ses frontières ». En apparence, il s’agit d’une tautologie (pas d’une blague de Toto) puisqu’un Etat se définit par ses frontières. Mais de fait, il s’agit d’une prise de position contre l’idéologie « no-border » qui prône l’abolition de tout contrôle des mouvements migratoires : les hommes sont partout chez eux sur le Terre.
En vérité, la question n’est pas celle du droit, mais de la vie paisible. Sans frontière, sans territoire dont un Etat a la propriété (inaliénable) et donc la responsabilité, il n’y a pas de paix publique possible. Même dans la jungle, il existe des territoires où la vie est sûre pour chaque espèce animale. La frontière et son respect sont les conditions de l’absence de conflit interne. La Terre est une copropriété où chaque Etat a ses parties privatives, qui n’en n’a pas n’existe pas.
L’Etat n’est d’ailleurs que l’entité représentative d’une population. Celle-ci est unie par un territoire commun, un mode de vie, et cimentée par une culture… rien de tout cela n’est intangible, mais l’évolution brusque n’est en fait qu’une destruction. L’immigration est comme la patisserie, la bonne exige un dosage savant et très précis. Il semble que certains dans l’Hyper-Etat européen commencent à en prendre conscience. Il leur faudra se montrer intraitables avec ceux qui ne l’ont toujours pas compris.
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