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L’horloge de la fin d’un monde

  • Photo du rédacteur: André Touboul
    André Touboul
  • 11 août 2025
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 22 sept. 2025




Tic-tac, tic-tac… n’entendez-vous pas l’horloge du destin ?


La situation financière de la France est semblable à celle des Etats-Unis, un déficit public qui s’emballe entraînant une dette d’Etat hors de contrôle, d’autant plus dangereuse qu’elle est détenue dans de très grandes proportions par l’étranger.


Pour traiter ce problème économique qui est la résultante d’une surconsommation par rapport à une sous-production de biens, Donald Trump utilise un moyen économique, les taxes douanières, qu’il présente comme la punition des pays qui vendent leurs marchandises aux Américains. Une revanche contre ceux qui ont « volé » l’industrie et les emplois US. Cet emballage est politiquement habile, et fait passer l’amertume de la pilule pour le consommateur américain qui, dans l’immédiat, devra moins consommer et à moyen terme, travailler plus. Sous une forme plus honnête d’un sacrifice à faire, cela aurait été un « vote killer ».


À l’inverse, Emmanuel Macron était placé devant l’équation d’un budget 2025 impossible à boucler en raison du dérapage des comptes en 2024. Imprévu ou dissimulé, et soudain révélé. Plus qu’en réponse à la déculottée électorale des européennes, qui invitait plutôt la prudence, il a choisi de traiter un problème économique par un artifice politique : la dissolution.


On peut dire, si l’on veut rationaliser la méthode, que pour appliquer le remède de cheval, nécessaire, il fallait posséder une majorité forte, et pas seulement relative. Mais, encore aurait-il fallu que le Président définisse clairement la nature de cette médecine et qu’il tente de faire partager son diagnostic par les Français. Il n’en a rien fait.


Et pour cause, des solutions, il n’avait pas la moindre idée. Ce fut plus une manière de refiler la patate chaude à qui la voudrait, qu’un appel au peuple sur des options claires.


Il n’est pas étonnant que la réponse du corps électoral fut inaudible. À question confuse, réplique incohérente.


Au fond, cette démarche de Macron est une illustration de la croyance de l’élite française que le politique peut tout régler. On peut articuler des programmes économiques absurdes sans périr de honte, puisqu’il suffit de vouloir pour pouvoir. On appelle cela, chez nos dirigeants, le volontarisme.


Cette illusion n’est, en vérité, que le manteau d’une réalité très cruelle. Les grands esprits qui s’autorisent à penser et constituent notre classe dirigeante réunissent : haute administration, grandes entreprises, cadres des syndicats patronaux et salariés, médias et communicants. Ce concentré d’intelligence ne sait pas comment sortir du pétrin où sa gestion, privilégiant le tout Etat, a conduit la France.


Cela n’est pas surprenant, car le problème : c’est eux. Eux qui vivent confortablement de l’Etat. Eux qui l’ont fait prospérer jusqu’à l’apoplexie. Eux qui ne peuvent imaginer qu’ils sont des cloportes, alors que comme la mouche du coche, ils s’imaginent indispensables, quand ils ne font que profiter des efforts des honnêtes gens, ces laborieux taillables et corvéables à merci.


Tic-tac, tic-tac… Les révoltes des Gilets jaunes, des bonnets rouges, des gueux, les objurgations des Nicolas qui paient, des Pigeons qui menacent de s’envoler, et les bêlements de tous les moutons qui n’en peuvent plus de se faire tondre… rien n’y a fait, car ce sont toujours de nouveaux impôts que, comme les précédents, prépare le Gouvernement Bayrou pour boucher les trous dans les caisses de l’Etat, alors que les causes de la banqueroute sont ignorées. Il n’est pas si surprenant que venant d’une base excédée, monte un appel à « tout bloquer » le 10 septembre prochain. Attention aux sans-culottes !


La réforme de l’Etat, la limitation du statut de la fonction publique aux agents pour qui elle est absolument nécessaire restent des mots creux, car les profiteurs du système s’emploient à les vider de leur sens.


On parle de l’assistanat et des subventions, en sachant que les assistés qui en dépendent s’opposeront à leur réduction. On invoque le modèle social français auquel nos compatriotes sont très attachés, en menaçant d’y mettre fin. Les redistributeurs trouveront toujours les meilleures raisons pour sanctuariser la redistribution. Supposée responsable, la classe dirigeante continue à appliquer une idéologie de « partageux » qui inexorablement réduit de plus en plus la production de richesse partageable.


Le comble de la naïveté consiste à croire que c’est la haute Administration qui va accoucher d’un programme de frugalité de l’Etat. On peut mettre l’obèse au martyr, cela n’apaisera pas son insatiable appétit, puisque c’est toujours lui qui est aux fourneaux.


Tic-tac, tic-tac…Peut-on encore échapper à l’effondrement ?


C’est une révolution de la même ampleur que celle de celle de 1789 qui seule pourra libérer le peuple français de la tyrannie de son élite défaillante.


Ce despotisme bas de plafond s’exerce sur le plan économique dont la fiscalité n’est qu’un des aspects, mais il sévit également sur tous les autres plans.


La France est en passe de devenir un narco-Etat, elle a perdu le contrôle de l’immigration, l’insécurité s’étend à toutes les provinces, et nos dirigeants s’arc-boutent sur les libertés individuelles qui profitent aux ennemis de la paix sociale.



Tic-tac, tic-tac… Du sommet à la base, les institutions sont mal en point.


Le Président, dont la parole est un élément essentiel de la République, s’exprime sans imprimer. Prisonnier d’une horloge qui le prive de toute crédibilité, il parle trop et à contre-temps, voire dans le vide. Personne ne comprend la logique de sa pensée complexe, et ce qui est le plus grave, c’est que cela n’intéresse plus personne. Il y a encore un pilote dans l’avion, mais il n’est plus aux commandes.


En l’absence de chat, les souris dansent, mais de guingois.


Le Conseil Constitutionnel s’oppose systématiquement aux rares lois qu’une Assemblée Nationale divisée parvient à  voter, pour maitriser l’insécurité et l’immigration, et à préserver ce qui reste d’agriculture dans notre pays.  On les appelle les Sages, mais ils déraisonnent.


Le Gouvernement feint de croire en son propre avenir en bricolant des rustines, un exercice minuscule qu’il présente comme un Himalaya.


Les corps intermédiaires sont ébahis devant la nécessité d’une remise en cause globale, alors qu’ils sont accoutumés à de petits arrangements entre amis, qui jouent une opposition de façade. Les syndicats ? Les uns ne maîtrisent plus les mouvements de salariés, et les autres ne représentent plus les patrons qui font réellement tourner l’économie.


Le Conseil économique, environnemental et social a convaincu de son inutilité.


Les Administrations d’État font exécuter leurs missions par des Agences, censées être indépendantes (de qui ? Et pourquoi ?) mais peuplées de hauts fonctionnaires.


Les partis politiques divaguent, croyant que leurs promesses délirantes vont leur garantir des voix, source majeure sinon unique de leur financement... la seule chose qui les intéresse.


La classe médiatique de l’audiovisuel public continue de parler d’une France dont elle rêve et qui n’est pas celle de la réalité, ainsi que l’a ingénument avoué Delphine Ernotte Directrice de France Télévisions. Celle des médias privés occupe l’espace en cultivant chacun son champ de patates : qui l’Ukraine, qui les faits divers, qui ceux de société, lesquels sont souvent les mêmes. Le tout sous le regard vigilant de l’ARCOM, agence de l’État qui veille à ce que rien de vraiment dérangeant ne vienne troubler somnolence du peuple de France. Tout ce petit monde entretien la population dans l’illusion que l’élection présidentielle à venir sera la solution à tous les problèmes. Encore une fois, on laisse croire que la politique va faire bouillir la marmite, alors que la triste vérité est sans doute que  les carottes sont cuites. Tic-tac, tic-tac…


Et notre élite intellectuelle, dans tout cela ? Elle continue à se bercer des illusions de l’Etat de droit international, celui des herbivores, quand le monde est désormais dirigé par des carnivores.


Un grand coup de balai dans nos élites est devenu inévitable, et urgent. Un nettoyage par le vide est le préalable nécessaire à la survenance d’une pensée nouvelle. Elle sera néoréaliste ou ne sera pas. Elle devra comprendre que les Etats ont avant tout des intérêts, ceux des peuples qu’ils représentent, et que c’est leur devoir de les défendre. Tic-tac, tic-tac…Ce n’est pas l’horloge de l’apocalypse que l’on entend, mais celle de la fin d’un monde, peut-être, d’un régime, sans doute.

 
 
 

1 commentaire


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12 août 2025

Je soutiens cette analyse tout en espérant que celui pour qui nous nous apprêtons à voter saura réaliser ce nettoyage complet.

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