La République des ignares

On trouve toujours des benêts autorisés à bavasser sur les ondes pour déclarer que Mélenchon est cultivé. Ce préalable à toute critique sur l’énergumène est devenu un passage obligé qui mérite d’être examiné de près.
Tout d’abord, sur le fond. Mélenchon agite des références mal maîtrisées ou tordues à sa pensée tortueuse. Cela n’est pas de la culture, mais un vague verni à ongles.
A plusieurs reprises, il se réfère à Démocrite qu’il n’a jamais lu, et pour cause tous les ouvrages du philosophe grec ont été perdus, et l’on n’en connait la pensée qu’à travers des citations d’autres auteurs anciens.
Démocrite est, dans ces sources, qualifié d’atomiste, car il est associé à l’idée que le monde est constitué d’éléments insécables, autrement dit les « atomes ». Il est un peut dépassé, car on sait aujourd’hui découper les atomes.
Mais ce n’est pas pour cela qu’il est invoqué par Mélenchon qui le cite en prétendant qu’il aurait dit : « la lutte est la mère de toutes les choses ». Or, cette citation est fausse, et bien pis, elle procède d’une confusion entre Démocrite et Héraclite, son contraire.
Les moins familiers avec la culture antique savent que Démocrite était le philosophe du rire, opposé souvent à Héraclite celui de la déploration. Le premier voulait rire de tout, le second est toujours représenté en pleurs. Mais surtout, le père du conflit perpétuel c’est Héraclite et non Démocrite.
Mélenchon croit se parer des plumes du paon qui a fait ses humanités, il est seulement un précieux ridicule. Mais le fait est que ce Trissotin fait impression, car il s’adresse à des ignares.
Ignares, les journalistes qui tombent dans le panneau d’une simili-culture dont ils ont vaguement entendu parler, mais n’ont jamais fréquentée. Ce type de bourdes du leader LFI permet d’alimenter le mythe d’un orateur féru de philosophie et nourri de sagesse antique.
Ignare, la jeunesse, baba devant son bagout, à laquelle il s’adresse du haut d’une autorité que lui confère la nullité crasse de ses auditeurs, facilement étourdis par la consonance savante du propos de leur gourou.
Ce mode de captation des esprits est rendu possible par une faillite sans précédent de l’éducation en France.
Le jeunisme, de rigueur depuis « mai 68 », est une inversion des rôles dans laquelle ceux qui savent doivent apprendre de la bouche de ceux qui n’en savent rien. Au prétexte que l’avenir appartient aux plus jeunes, il est évident qu’il convient de les laisser le saccager. Loin d’être un respect humain, cette attitude des adultes est une démission. Celle de ceux qui s’en lavent les mains.
Aujourd’hui, nous n’aimons pas plus nos enfants en leur donnant un pouvoir dont ils ne savent que faire. En fait, nous nous en désintéressons par égoïsme. Certains, dans cette génération perdue des soixante-huitards égarés, ont été jusqu’à profiter des enfants sous prétexte de les initier. Cette prédation de pseudo-intellectuels a abimé toute une société qui aujourd’hui découvre l’étendue des dégâts. Les scandales sexuels dans l’Eglise, tout comme les abus dans le périscolaire, ne sont pas sans lien avec cette pédophilie d’atmosphère, cautionnée par une élite imbécile.
Désarmer les enfants, ce n’est pas les protéger.
Quand le Gouvernement et le Président de la République se plient aux jeu des revendications sociales des lycéens, ils manquent à leur devoir de protection de la jeunesse. Leurs promesses, ils savent qu’ils ne seront pas là pour les tenir, et les gamins turbulents seraient bien stupides de croire qu’elles le seront par leurs successeurs.
Alors, on peut se demander à quoi rime une mobilisation qui ne peut aboutir à rien de concret.
On voit bien qui alimente le feu, et qui va en profiter.
Dans le climat qui est ainsi créé et menace de durer, la voix de ceux que l’on appelait hier encore les partis de gouvernement, et qui en sont désormais bien incapables, est inaudible.
Il est certes naturel que, face à des sacrifices à consentir, on s’agite pour ne pas être les dindons de la farce. Mais ce rappel a pour limite le respect d’une règle fondamentale du régime démocratique : le choix libre et éclairé des électeurs.
Or, dans le tumulte, ni la liberté, ni l’information de sont possibles.
On entend déjà dire que l’élection présidentielle se fera dans la rue… au mépris donc de la liberté du vote ?
Dans ce climat, les médias de l’audiovisuel mais aussi de la presse écrite, qui sont dépositaires de la mission d’informer le citoyen, se laissent emporter par leur militantisme, jusqu’à préférer le faux au vrai.
Ainsi le journal Le Monde qui fait état de tracts RN prétendument retrouvés dans le véhicule du tueur de Trappes. On se souvient de tribunes pédophiles publiées par cet organe de presse, que les étudiants de Sciences Po se devaient de porter plié sous leur bras dans les années soixante. Il n’a pas changé, et l’on ne peut s’étonner que son venin distillé jour après jour ait contribué à empoisonner une génération d’étudiants perméables à son discours. Pas surprenant, non plus que son antisémitisme viscéral l’ait conduit à parler d’apartheid pour Israël dont la démocratie vient de faire des députés arabes les arbitres du futur gouvernement.
Le paroxysme de l’ânerie est atteint par ceux qui veulent un débat où leurs contradicteurs seraient interdits de parole. C’est pourtant ce que l’on entend proférer de toutes parts.
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