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La République des tueurs

  • 16 juil.
  • 4 min de lecture

Le monde d’aujourd’hui se divise en deux sortes de gens : ceux qui œuvrent pour  prolonger la vie en bonne santé et promettent de la faire durer jusqu’à 120 ou 150 ans, et ceux qui vous invitent à débarrasser le plancher, illico presto. Si l’on parle d’inégalités choquantes ce sont bien celles entre ces deux projets de société, qui ne s’adressent pas aux mêmes personnes. Aux extrêmes, d’un côté la promesse d’éternité, de l’autre le crématorium, tombeau à grande vitesse, sinistre TGV.


Il parait que l’opinion est en majorité favorable à l’aide active à mourrir. Est-ce la même qui souhaite le rétablissement de la peine de mort ?


On craint la douleur, cela s’entend. Mais l’on ne veut pas voir souffrir les proches, cela est moins clair, moins respectable. Les analgésiques viennent à bout des douleurs intolérables, ils ne satisfont pas les entourages qui ont leur sensibilité et leurs intérêts.


De nos jours, on accouche sans douleur, on consomme des tranquillisants, on veut une vie sans douleur, et mourrir de même. C’en est à ce point qu’on la confond avec l’inconfort ou avec l’effort de vivre.


En pratique, l’aide à mourrir est destinée à ceux qui ne bénéficient pas de soins palliatifs. C’est la porte de sortie du pauvre.


Toujours l’argent. L’économie de l’agonie le dit bien, s’accrocher à la vie est hors de prix. Et il faut le reconnaitre, la vie dans une société où ceux qui doivent vous soigner ont mission de se débarrasser de vous, ne vaut pas la peine d’être vécue.


Macron restera dans l’histoire le Président d’une République qui devient celle des tueurs en blouse blanche. Dans les ministères on s’apprêtait à fêter le vote de la loi sur l’euthanasie, avant de reculer devant l’indécence de cette célébration.


La disparition du sacré de la vie humaine est la dernière étape de la perte des valeurs.


Ils ont osé. La loi est votée par une Assemblée incapable de s’accorder sur un budget ce qui constitue son devoir minimal. Sans vergogne, elle usurpe la légitimité de la représentation nationale. Aucun parti qui y siège n’a fait campagne sur la légalisation de l’euthanasie. S’il y a un sujet que l’on ne peut trancher sans référendum, c’est bien le droit de tuer.


Les militants pro-suicide, qu’ils présentent comme une liberté nouvelle, proclament que d’autres pays l’ont fait. Étrange argument, car bien plus nombreux encore sont ceux qui s’y sont refusés. La perspective de la souffrance finale qui explique la plupart des opinions favorables est aussi une fausse raison dès lors qu’il existe la possibilité de sédation profonde. On ne doit consentir un droit opposable par loi que s’il ne comporte pas le risque d’abus.


Il y a des  garde-fous, mais c’est bien reconnaitre qu’il y a des fous dangereux en liberté.


On connaissait les « anges de la mort » qui distribuaient les injections létales au gré de leur cerveau dérangé, ils devaient rendre des comptes à la Justice. On aura des médecins qui écouteront les sollicitations des familles impatientes avides de succession, ou lassées d’une mort trop lente à venir. Les dossiers seront en ordre, nul n’y trouvera rien à redire.


Le consentement, dont on fait, à juste titre, le plus grand cas pour s’assurer que les relations sexuelles sont volontaires en écartant l’acceptation sous influence, soudain serait présumé libre s’il s’agit d’accepter de se faire tuer.


Il faudra exiger des candidats à toute élection qu’ils affichent leur vote scélérat. Ceux qui sont opposés, avec raison, à la peine de mort pour les assassins ne se font jamais prier pour le proclamer, on doit savoir à qui imputer la dérive de la société française vers une République des tueurs. Ce n’est rien d’autre que la réintroduction du droit de vie et de mort de la société sur l’individu.


En quête de sociétal, Emmanuel Macron, encore une fois à contresens du progrès réel, est le maître d’œuvre de ce mauvais coup porté à la France. Un coup de grâce porté au sacré de la vie humaine, avec l’inélégance d’un méprisant qui ignore l’empathie et veut faire croire à la compassion. La pire des impostures est celle qui prétend humaniste une organisation de la mort dure et froide comme l’est nécessairement la loi.


Le lobby des mutuelles a gagné. Elles vont pouvoir équilibrer leurs comptes. On va transformer les EHPAD en abattoirs. Vous qui serez « éligibles », serez livrés au système, qui comme tous les systèmes économise ses ressources, vous ne dormirez que d’un œil.  Qu’on se le dise : le silence des agneaux est désormais la seule façon de mourrir dans la dignité.


Le fait que les religions soient toutes hostiles au suicide, assisté ou pas, fait de cet acte de désespoir une avancée pour les progressistes, car pour eux les religions sont par nature rétrogrades. Ce sont des fondamentalistes de l’incroyance, qui oublient que l’humanisme est par essence tolérant dans les croyances d’autrui, et même plus que cela, il se doit d’en être respectueux.


La France ne veut pas souffrir. Elle ne s’insurge pas contre sa propre disparition, on la disait éternelle, on lui dit chaque jour qu’elle est mortelle, qu’il est temps de voter la loi sur l’aide à mourir, et que les Français l’attendent. Ils veulent seulement partir dans la dignité. Des soins palliatifs, ils en bénéficient depuis trop longtemps. Ils vivaient sous perfusion. Le monde autour évoque l’acharnement thérapeutique, et son coût exorbitant.


Comme héritage, la France de Macron ne laissera que des dettes, et l’euthanasie.


Tous les candidats à l’élection présidentielle promettront un avenir indolore, mais chacun sait que c’est seulement une injection létale qui ne dira pas son nom.


En parlant de Nouvelle France, les Insoumis ont acté l’agonie de l’ancienne, au besoin ils feront le nécessaire pour organiser son indignité. Ils sont candidats pour l’aider à mourrir.


Les charognards sont  en appétit. Les temps sont sordides.

 
 
 

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