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La taxe Zucman est  l’exemple glorieux d’une génération nulle en arithmétique qui a oublié les exigences de base de la règle de trois

  • Photo du rédacteur: André Touboul
    André Touboul
  • 13 déc. 2025
  • 3 min de lecture



Platon détestait les Sophistes, leur reprochant de n’avoir en vue que la persuasion d'un auditoir au mépris de la vérité. Que ce soit dans les assemblées politiques ou lors des procès en justice, les Sophistes développaient des raisonnements à première vue cohérents, mais contenant des vices logiques que le philosophe grec se faisait une joie de démontrer.


Notre actualité politique est marquée par la floraison des sophismes. L’un d’entre eux est celui qui promeut un impôt nouveau inventé par un économiste nommé Zucman dont on a dit beaucoup de choses, mais pas l’essentiel qui est sa déficience de logique interne.


L’Assemblée Nationale a rejeté cet impôt par une majorité dont les différents éléments se sont déterminés pour des raisons très variées, mais aucun parti, ni expert économique, n’a relevé son vice intrinsèque. Le monstre du Loch  Ness fiscal pointera bientôt à nouveau son museau a promis le patron du Parti Socialiste, et l’on ne peut en douter, car il a la puissance des idées fausses.


La taxe Zucman énnonce que le patrimoine professionnel doit être pris en compte pour apprécier la contribution des ultra-riches aux finances publiques, et en conclut que les milliardaires ne paient pratiquement pas d’impôt, relativement aux autres contribuables.


Son évaluation résulte de la formule : Effort fiscal =  impôt sur le revenu payé / (revenu + patrimoine).


L’effort est un taux. Pour un revenu de 100, si l’impôt payé est de 30, la contribution sera de 30%. Mais si l’on ajoute au revenu un patrimoine productif de 1000, le taux d’effort sera selon Zucman de 2,7%.


C’est, en fait, l’application d’une règle de trois qui est fondée sur les relations de proportionnalité. Elle est présente chez Euclide, chez Etienne de La Roche en 1520, qui la nomme « régle d’or », et elle est reprise par François Barrême qui a donné son nom aux barèmes notamment fiscaux. Pour Barrême, c’est la règle de raison. Il insiste beaucoup sur la nature des nombres manipulés et comme de La Roche, précise que le premier et le troisième nombre doivent être homogènes. En d’autres termes, la proportionnalité n’a de sens que si l’on de multiplie ou divise pas des carottes par des navets.


Mais si, en l’espèce qui nous occupe, l’on fait intervenir le patrimoine au dénominateur, il faut aussi, pour que les facteurs soient homogènes, en tenir compte au numérateur. La formule correcte devrait être : Effort fiscal  = (impôt sur le revenu + impôt sur les sociétés du patrimoine) / (revenu + patrimoine).


En intégrant l’impôt sur les sociétés possédées par les ultra-riches (et pas seulement celui sur les dividendes) dont on tient compte pour déterminer leur capacité contributive, le résultat du calcul est totalement inverse de celui présenté par Zucman. En fait, les impôts payés par les sociétés de Bernard Arnaud font de lui le premier contribuable de France. Certes, il existe des entreprises fortement valorisées et qui n’étant pas bénéficiaires ne paient pas d’impôts sur les sociétés, mais ce sont là des exceptions concernant des activités d’innovation qui sont l’objet de bulles spéculatives, affectées d’un taux de risque maximal.


S’il n’avait perdu de vue l’exigence d’homogénéité des facteurs de la règle de trois, Zucman aurait évité de confondre théorie économique et parti pris politique.


Le raisonnement Zucman est paralogique, ou, comme l’on dit trivialement, bancal. Sa force est qu’il fait approuver une proposition apparemment vraie dont le contenu est modifié dans la suite des énoncés. Ce type de tromperie fonctionne d’autant mieux qu’elle se pare, telles les plumes d’un paon, des vertus de  la justice sociale que l’on transforme illico en justice fiscale.


Indépendamment de ses effets économiques délétères prévisibles, la taxe Zucman n’a aucune pertinence, car fondée sur une logique apparente, mais erronée.


Gabriel Zucman se défend d’être d’extrême gauche ou même de gauche, il a tort car le militantisme excuserait une déficience logique que l’on ne peut admettre d’un économiste sérieux qui se doit de rendre homogènes les éléments qu’il introduit dans une règle de trois.

 
 
 

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