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Les victoires à la Pyrrhus

  • Photo du rédacteur: André Touboul
    André Touboul
  • 13 déc. 2025
  • 2 min de lecture




Trump voudrait sacrifier l’Ukraine pour faire du business avec Poutine, entend-on dire et répéter. Il est plus vraisemblable que l’idée de manœuvre du Président américain soit de détacher la Russie de son alliance avec Pekin. Elle est vouée à l’échec.


Les Etat-Unis et la Fédération de Russie ne sont pas complémentaires, mais concurrents. Ils sont tous deux exportateurs d’énergies fossiles, la Russie n’a rien à vendre d’autre que du caviar aux Américains. Et si elle a beaucoup à acheter, elle n’en a pas les moyens, tant que les marchés européens lui sont fermés.


Seule la levée des sanctions européennes pourrait redonner aux Russes les flux financiers lui permettant de revenir à la prospérité d’une économie de paix.


Cette vérité incontournable rend illogique le fait que les Européens soient mis à l’écart des tractations dites de « paix » pour l’Ukraine, sauf si… la stratégie du Kremlin n’est pas de sortir de sa posture de guerre, ni à moyen, ni à long terme.


Bien entendu, la position des Européens qui sont arcboutés sur le droit international qui condamne l’agression russe, ne permet pas à Poutine de sortir de sa ligne.


Certes, la poursuite de la guerre permet à l’armée russe de grignoter des mètres carrés du territoire de l’Ukraine, mais de surface le pays le plus vaste du monde n’en manque pas. Sa tentative d’annexer l’Ukraine était motivée par son besoin de pallier sa détresse démographique.


Le but initial de la guerre était pour lui une sorte d’anschluss, le retour de Kiev, berceau de la culture russe, dans le giron de Moscou avait une logique semblable à l’unification entre l’Autriche et l’Allemagne en un autre temps.


C’est raté, l’affaire  de 2022 qui devait durer trois jours s’est transformée en une guerre qui a passé sa troisième année et approche de terminer la quatrième.


Il n’est pas sûr que les pertes humaines sévères que la Russie doit subir dans cette guerre soient une incitation à la poursuivre malgré les prises de village après village. On pense aux victoires à la Pyrrhus, ce roi grec d’Epire qui, dans l’antiquité,  remportait des batailles qui lui coûtaient plus que des défaites.


Poutine, tsar du bluff, fait mine de considérer la question comme négligeable, car les Russes sont durs au mal, mais il ne peut ignorer que sa stratégie de briser le peuple ukrainien le lui aliène pour longtemps sinon toujours.


Ainsi « l’opération spéciale » aura aggravé la détresse démographique de la Russie, et même si elle lui permet de s’approprier le Donbas ce gain territorial ne valait pas la chandelle. 

 
 
 

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