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Macron, ou comment s’en débarrasser

  • Photo du rédacteur: André Touboul
    André Touboul
  • 19 déc. 2025
  • 4 min de lecture






Dans la pièce de Ionesco Amédée, ou comment s’en débarrasser,  Amédée et son épouse regardent impuissants grandir près d'eux un étrange cadavre aux jambes énormes... Atteint de la maladie incurable des morts, « la progression géométrique », il envahit peu à peu l'espace des vivants, rendant impossible les actions les plus simples...


On ne résiste pas à comparer à ce phénomène celui de la dette publique de la France qui, symptôme d’une nécrose politique devient exponentielle, et tend à occuper tout l’espace de l’État après celui de ses finances et avant d’étouffer l’économie toute entière.


Le actes de simple bon sens comme dépenser moins sont devenus inconcevables, et remplacés par les moulinets du croc à phynances du Père Ubu, qui creuse le trou en alimentant la fièvre dépensière. Car fournir de la drogue à un drogué ne conduit qu’à l’overdose.


Les Français se voient traités de paresseux, mais n’est-il pas bien avisé de leur part de refuser de travailler plus pour nourrir encore plus un Etat boulimique, incapable de se contrôler et qui prétend régenter tout dans leur vie, jusqu’à les aider à mourrir… bon gré mal gré. Cette grève du zèle relève à n’en pas douter de la sagesse des nations.


Dans la pièce emblématique du théâtre de l’absurde, Amédée parvient à s’envoler avec  le cadavre boursoufflé, quittant définitivement le réel. Macron, devenu Micron le minuscule, ne sera pas capable de cette performance. Malgré son théâtral « quoi qu’il en coûte », mis à toutes les sauces du « en même temps », il est dans le monde réel. Il y laissera, à son départ, un corps-mort trop encombrant pour ne tenir dans aucun placard. Son successeur ne lui dira pas merci.


Au regard de « l’après », le seul aspect positif du choix de survie du Président de renforcer le Parti socialiste à outrance, aura été de séparer ces démocrates égarés des brebis galeuses LFI, qui de plus en plus isolées perdent aussi peu à peu leurs affidés écologistes et communistes.


Mais, lui parti, pourra-t-on espérer dégonfler la baudruche ? Que nenni ! Son renflement est celui des morts malsains qui pourrissent tout ce qu’ils touchent.


Les responsables de la gangrène, qui dilapide l’argent public et gardent la barre à gauche toute, seront toujours en poste.


Le Conseil Constitutionnel, là pour censurer, censurera. L’Administration qui ne rédige pas les décrets d’application, persistera dans son effort. La Cour des Comptes distillera, comme toujours sous Moscovici, les rapports orientés qu’elle retient ou rend publics, au gré des opportunités politiques. L’ Arcom fera son office en terrorisant l’audiovisuel libre, et protégeant celui qui, militant, diffuse la parole bienséante avec les deniers des contribuables… et le Parquet National Financier, créé par François Hollande pour lutter (sic) contre la corruption de son ministre des finances fraudeur Cahuzac, continuera à se consacrer uniquement à mettre hors jeu des leaders de droite : Fillon, Sarkozy, Le Pen et maintenant Dati.


Ces vrais maîtres de la France sont ceux que le géographe Christophe  Guilluy appelle « les âmes mortes ». Dans le drame de Gogol, les âmes mortes sont des serfs défunts dont les états civils achetés pour une bouchée de pain permet de valoriser des propriétés revendues très cher. Pour le géographe, célèbre pour sa description de la France coupée en deux, auteur de Métropolia et Périphéria, les âmes mortes, ce sont les élites urbaines qui n’ont plus de substance morale et méprisent les Français enracinés.


On savait que cette caste de régisseurs infidèles, n’étant plus responsables de rien, sont devenus impropres à tout. Si ce n’est à chanter que « tout va très bien Madame la Marquise ».


On avait bien vu que, de par leur formation et leur promotion, ils s’estimaient tellement supérieurs au peuple pour lequel ils avaient inventé le terme méprisant de « populisme ». Guilluy va plus loin en les vidant de leur substance humaine. Il rejoint en cela ceux qui dénoncent la perte du sentiment de fierté d’être Français, que l’on peut qualifier de haute trahison, quand elle est le fait d’élus de la République. Le désespoir, ou la résignation dans la faillite morale du pays peut se mesurer à ce cri du cœur d’un journaliste : « l’antisémitisme, ça tombe toujours sur les Juifs ». On ne saurait mieux résumer la démission morale d’une classe dirigeante qui, à force de ne plus aimer la France, en vient à trouver normal de haïr les Juifs.


Rétrogradant d’année en année, la France est toujours dans les premières puissances mondiales. Mais elle est aux mains d’un Etat impuissant, absent des territoires qu’il perd et des combats qu’il devrait mener. Un Etat autoritaire et brutal avec les dociles, couard avec les ensauvagés.


Le constat est sévère, mais il correspond à un sentiment largement partagé que, quoi que l’on fasse dans le système tel qu’il est, avec le pleutre personnel politico-administratif qui le dirige, la marche vers le sous-développement est inexorable, car le monde actuel est sans pitié et ne fait pas de cadeau.


Un grand coup de balai ? On perd tout pour attendre. Chaque jour qui passe augmente la facture Macron. En 2022, on disait « votez Macron, les autres sont pires ». Aujourd’hui, on peut penser qu’il sera difficile de trouver pire.




 
 
 

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