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Nos funestes passions

  • il y a 35 minutes
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Qui sait à quelles actions désespérées peuvent conduire les passions  funestes.


On peut lire et entendre que Marine Le Pen sera au second tour des présidentielles. La cour de Paris avait choisi de l’entraver sans l’interdire, l’effet sur l’opinion a été un surprenant coup de pouce favorable à la patronne du Rassembement National, qui atteint un niveau record d’intentions de vote.


Certes, les magistrats de la Cour de Cassation pourraient encore par un arrêt pris en urgence bouleverser la donne. Un coup de théâtre interdisant à la candidate de faire campagne est cependant peu probable, il serait interprété comme une entourloupe, eu égard au discrédit dont la Justice est l’objet depuis l’affaire Layana qui, fait inédit, a provoqué des manifestations populaires hostiles devant les tribunaux. L’institution sortirait mal en point de l’entrée à l’Elysée d’une présidente, première femme élue à cette fonction, avec à la cheville un bracelet électronique, ou sous la menace d’un juge d’application des peines. Le ridicule qui en résulterait, tant en France que dans le monde entier, rendrait inévitable la réforme d’une Justice objet d’un désaveu démocratique aussi cinglant.


Tout, dit-on, porte à croire que Mme Le Pen aura pour adversaire et faire valoir, l’indécent Mélenchon, qui est, lui, le légitime propriétaire des voix du « peuple de gauche », comme on disait du temps de François Mitterrand.


Les entrailles de poulet examinées par les aruspices prédisent une réédition de la confrontation Jacques Chirac/Jean-Marie Le Pen de 2002, mais inversée. Le détestable et détesté Mélenchon serait le dindon consentant de cette farce, puisqu’il met tout ses espoirs dans un troisième tour non pour les législatives qui comme d’usage confirmeront le,verdict des présidentielles, mais dans la rue.


Les dés sont jetés, mais la comédie du pouvoir va battre les estrades durant les prochains mois. Il faut bien que les titulaires de postes se battent pour les conserver.


On sait que le Président de la République et les partis de la gauche décente résiduelle, mais aussi ceux du centre et de droite, agonisants, ne cessent de répéter qu’ils feront tout pour que l’extrême droite ne parvienne pas au pouvoir. Certains proclament même que tel est le sens de leur engagement politique, le combat de leur vie.


Etant peu vraisemblable que les uns et les autres s’unissent pour présenter aux Français une alternative crédible face au rouleau compresseur du Rassemblement National, on s’interroge sur les voies et moyens qu’ils vont employer pour éviter l’inévitable. On peut augurer que, comme cela a été le cas jusqu’ici, leurs stratégies maladroites auront pour effet de « faire le lit du RN », qui n’aura qu’à rester dans le vague pour progresser, sa popularité n’étant que la somme de toutes leurs erreurs.


Chacun, à sa manière, tentera de conjurer le péril. Ils ne le feront pas en offrant une vision, un grand dessein qui suscite l’élan populaire, aucun n’en est porteur.


Il n’y aura pas plus un appel au bon sens, à la raison ou à l’esprit de modération dont on dit que le peuple français est pourvu. Les membres de la classe politique sont convaincus que les Gaulois sont réfractaires à tout discours sensé, et qu’il faut un courage suicidaire pour oser. Eux-mêmes, d’ailleurs, ne croient guère en ces mesures que les Français attendent mais qu’ils ont toujours dites impossibles.


Au grand casino des affaires de l’Etat, rien ne va plus. Leurs mises sont faites, la santé, l’enseignement, la Justice, la police, les finances publiques, le commerce extérieur, l’économie, la belle Europe qui devait être la solution à tout, jusqu’à la prévoyance climatique… tout s’est avéré perdant. Il est donc inévitable que les sortants soient sortis et se dispersent façon puzzle. Il n’existe aucune convergence entre eux ni sur les moyens à mettre en oeuvre, ni en vérité sur les fins à poursuivre.


Ils ne sont unis que par un réflexe commun : faire barrage. Ce n’est pas un programme, ni un cap, c’est un désespoir de cause. Cette stratégie est de nature si elle échoue à transformer un mouvement de fond en tsunami.


Quand plus rien ne fonctionne, ce qui reste efficace, c’est de convoquer les passions tristes. Parler aux bas instincts, aux peurs primales, aux jalousies, aux émotions négatives.


L’évocation du spectre du fascisme est un exercice imposé, elle réveille des souvenirs douloureux, mais il n’est pas certain que, cette fois, cette martingale suffise, car, d’évidence, les vrais et seuls ennemis de la démocratie et de la République sont aujourd’hui les séides de Mélenchon qui lançant la chasse aux Juifs convoquent les heures sinistres du nazisme combiné avec le spectre sanglant de la dictature staliniste.


Certains, ils se reconnaîtront, s’emploient à attiser la haine, des riches et des juifs, et bien sûr des riches juifs, cette vieille politique est toujours payante, tant il est vrai que l’on ne convoque jamais la jalousie et la haine viscérale en vain. Mais il sera difficile d’utiliser ce puissant levier contre la droite extrême qui est plutôt proche du populaire et a renié son antisémitisme d’antan depuis son passage du Front au Rassemblement National.


La crainte est une auxiliaire toujours zélée du pouvoir.  La canicule a vu le retour des interdictions… de vendre de l’alcool, d’en boire, de jouer au golf, de se réunir pour des manifestations populaires comme Solidays. Pour peu que la température ne baisse pas très vite l’extension du domaine de l’interdit n’aura pas de limite. L’autorité de l’Etat qui est inexistante à l’égard des malandrins et des voyous s’exerce avec force à l’encontre des libertés des braves citoyens, sans discernement, en les prenant pour des demeurés, incapables d’adapter leur comportement aux circonstances. On revient au temps du COVID, à la menace de la submersion des urgences hospitalières, et aujourd’hui des funérariums.


Le gouvernement par la peur est le dernier argument des dirigeants impuissants et dépassés par leur propre imprévoyance.


Spinoza définissait cinq passions tristes :  la haine, la vengeance, le ressentiment, l'envie, la peur. Celles qui s’installent aujourd’hui sont bien plus inquiétantes, ce sont les passions funestes qui portent en elles le malheur et la désolation. Elles comprennent les émotions tristes de Spinoza, mais au-delà, il y a la colère, la rage, et la furie qui sont des expressions extrêmes de l’exaspération.


La haine des riches est une passion funeste, elle n’enrichit personne. Il est tentant pour les démagogues de déchaîner la furie des foules sur ces profiteurs. Cet exutoire ne fait de bien à personne, les envieux ont la bile noire.


La honte que l’on voudrait faire éprouver aux Français, en exigeant qu’ils se couvrent la tête de cendres, pour se repentir du passé de leurs pères, se mue en colère quand ce n’est pas en hostilité.


Le racisme dont on les accuse non pour rappeler l’égalité des humains, mais pour détruire l’adversaire politique, est une calomnie. Elle installe une passion destructrice, car elle insulte à tort les honnêtes gens et parfois les met hors d’eux-mêmes, c’est-à-dire de leur humanité.


L’antisémitisme est une passion abjecte, malodorante et qui avilit ceux qui l’exploitent. Il corrompt l’esprit des hommes de bonne volonté qui deviennent vite des salauds quand on leur désigne du doigt les responsables de tous leurs maux.


Quand la fête ne s’accomplit plus que dans la violence d’enragés, c’est une passion malsaine qui s’empare des uns et contamine les autres, jusqu’aux plus paisibles.


Ceux ont organisé la faillite de l’Etat laissent craindre la banqueroute s’il ne sont pas reconduits. Les mêmes qui ont livré le pays au narcotraffic de la DZ Mafia, proposent de continuer, car, ils ont tout essayé. C’est le découragement des citoyens à qui il ne reste même plus le bulletin de vote pour influer sur leur sort, après avoir perdu leur liberté économique que leurs dirigeants ont troqué contre des hochets de permissivité sociétale. À les en croire, l’alternance, qui est une des mamelles de la démocratie, est désormais interdite : c’est l’espérance dans le changement qu’il faut abandonner.


Dans l’enseignement, la peur des professeurs décapités alimente le « pas de vagues », la baisse du niveau se traduit en une promesse de nullité pour tous. Et l’indignation saisit quand le périscolaire devient un repaire de pédophiles.


Quand l’insécurité menace les enfants, c’est la panique. L’opinion publique réclame des comptes, le Gouvernement, dont les mains sont liées par l’indépendance de la Justice, cherche des responsables, et les magistrats s’insurgent s’il est envisagé que l’un d’eux  soit sanctionné. De leur côté, les policiers entendent proclamer que « la police tue », et constatent l’inutilité des interpellations qui ne conduisent à aucun emprisonnement. Les juges s’enveniment et la police baisse les bras, c’est le signe d’un Etat déliquescent.


Dans un pays où la nation est une création de l’Etat, ne serait-ce que par l’imposition de sa langue, le mal est profond.   


On devrait rappeler aux magistrats qu’ils ont tous à une exception près prêté serment à Pétain, qu’ils ont condamné des résistants à mort et aussi à la Libération des collabos. La légitimité des juges tient dans la sagesse de leurs décisions, et non dans un privilège d’impunité.


On nous rebat les oreilles avec les vertus de la Révolution de 89. Elle a aussi été celle des lumières sombres de la Terreur, du Robespierre sanguinaire génocidaire de la Vendée, et assassin de tant d’autres, de Fouquier-Tinville, et Saint-Just…


Sans vergogne, la gauche dictatoriale est de retour. Promettant de paralyser le pays en cas de défaite électorale.


On en vient à regretter la loi Le Chapelier du 14 juin 1891, qui prohibait les corporations, tant la France est malade de ses corporatismes. Les Juges qui menacent de faire grève quand l’un des leurs faillit à sa mission, mais aussi les cheminots qui peuvent bloquer le pays, et ces syndicats qui brandissent le spectre de la grève générale. Qui peut oser dire du mal des fonctionnaires, tous merveilleux et si efficaces ?  Et les syndicats pour qui la grève est une journée d’action.


Au sommet de l’Etat, c’est l’entre-soi, et le mépris de la multitude, de la part de générations de promus qui se serrent les coudes, mais se déchirent quand il s’agit de se partager des avantages et des prébendes.


Pour couronner la dépression nerveuse qui noircit le tableau, voici que Macron impose une loi sur le suicide assisté, l’euthanasie qui sera une manière simple de régler le problème économique du grand âge. Dans certaines peuplades exotiques les vieux qui se sentaient devenir une charge inutile allaient discrètement s’isoler dans la forêt pour y mourrir. Là aussi, c’est la peur qui gouverne, celle de la souffrance. Suicidez-vous vite, ou vous trépasserez dans la douleur. En partant, vous ferez plaisir à vos héritiers et aux comptes publics.


Les Français sont las de ces politicards qui leur font des promesses d’autant plus détaillées qu’elles ne seront pas tenues. Ils veulent qu’on leur « foute une bonne fois la paix », comme le chantait Maurice Chevalier sous l’Occupation.


Le mouvement de la colère sourde d’une peuple impuissant à décider de son destin et qui tourne à la rage, avance inexorable. Les soubresauts d’une classe politique banqueroutière font monter la pression populaire. S’il en résulte du populisme, ce sera du fait de médiocres qui loin de détourner les passions funestes, n’ont cessé de les exciter.





 
 
 
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