Plus je connais les hommes
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Plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien. On attribue cette réflexion mélancolique à Lamartine, sans doute à tort. Jamais elle n’a été plus présente dans l’esprit d’un honnête homme que de nos jours.
A quel saint se vouer ? Disait-on quand la France était catholique. Quand on regarde ceux qui font la guerre, on est bien en peine pour ne pas déplorer que ceux dont la cause est juste parviennent à nous décourager de les soutenir. Trump a raison de s’en prendre à l’Iran des Mollahs, sanguinaires qui martyrisent leur propre peuple. Il ne réussit qu’à déconsidérer son action par un discours que l’on croirait sous l’influence du syndrome de Gilles de La Tourette. Israël, dont on comprend la nécessité vitale de se protéger, perd pied et son âme en rétablissant la peine de mort.
Macron, qui tente comme il en a l’habitude de ménager la chèvre et le chou, n’obtient rien pour protéger les Français d’une crise économique, certes mondiale, mais qui résulte de la déroute de l’Occident dispersé façon puzzle. Il a plutôt ajouté à la séparation d’avec les Etats-Unis qui ne se limitent pas à Trump.
On nous vend depuis des décennies l’Union Européenne comme un niveau pertinent de solution de tous nos problèmes, elle se révèle une spectatrice impuissante dans les affaires du monde.
Les Européens sont tombés dans le piège de Trump. N’est pas neutre qui veut. L’OTAN sans les américains est un cadre vide et désarmé puisque les avions achetés aux Etats-Unis, ne décollent pas sans l’accord de Washington. Nous voici donc tous nus, et réduits à espérer que la guerre en Ukraine perdure pour qu’elle continue à occuper Poutine. Il faudra du temps à l’Europe pour devenir autonome, mais elle n’en prend pas vraiment le chemin, car elle continue d’acheter des armes américaines, les seules disponibles.
Le paysage politique français n’est pas plus enchanteur. Choisit ton camp, camarade ! Disait-on au siècle dernier. Aujourd’hui, d’adhésion point, le choix est dans le niveau du rejet. Mélenchon, le malsain, est à vomir. Mais les Socialistes, aux valeurs à géométrie variable, donnent la nausée. Quant au Centre, on parle de mal de mer, mais c’est un naufrage façon Titanic. Les Républicains sont navrants d’indécision, et les RN se targuent de n’avoir jamais été au pouvoir, mais, justement, c’est pourquoi ils font peur. On rêve d’une personnalité providentielle qui aurait le souci de l’intérêt général, l’amour de la France, l’amitié des Français, et s’élèverait au dessus de la mêlée, mais nos politiques chassent en meute sans vraiment savoir où ils vont. Ce que l’on sait, cependant, c’est que la victime de l’hallali, ce sera le contribuable.
Le pouvoir du commentariat, manipulateur de l’opinion, qui règle la bonne et mauvaise nouvelle à son gré, avec plus ou moins de respect pour les faits, ne suscite pas plus de sympathie.
Ils traitent la course à l’Elysée comme un spectacle de petits chevaux qui dans le fond ne les concerne pas. Sans hésiter, ils s’en remettent au flair des sondages pour désigner les compétiteurs, comme si les sondeurs étaient de fins limiers, et non des parties prenantes.
Sur les ondes, on entend aboyer contre les « médias Bolloré », mais quand il s’agit des médias Pigasse et Neil qui pillent la caisse de l’audiovisuel public, on veut enterrer le rapport parlementaire qui le révèle... silence, on détourne !
Tous les intervenants médiatiques ont l’esprit obnubilé par la détestation de Trump. Pour les uns l’imprécation tient lieu d’analyse, pour les autres la crainte de se voir taxer de pro-Trumpisme obscurcit les jugements. De ce parangon du vice, il ne peut résulter rien de bon, c’est entendu. Tout le monde déteste Trump. Mais qui souhaite la victoire des Mollahs ? On prédit que battu aux midterms, il sera l’objet d’une procédure d’empêchement, mais quel Démocrate aurait l’idée de confier, par le fait, les clés de la maison Blanche au Vice-Président, J.D. Vance ? Même Rantanplan, n’aurait pas cette incommensurable sottise.
Dans la guerre d’Iran, qui n’est que la facture présentée aux Mollahs du pogrom du 7 octobre, il faudrait un chien d’avalanche pour y trouver, dans les décombres, un début de solution, mais au Moyen Orient les millénaires se succèdent, et la paix n’est jamais qu’intermittence.
« Les chiens nous aiment, les chats nous méprisent, seuls les cochons nous traitent d’égal à égal », disait Churchill, toujours définitif. Au fond, nous avons les dirigeants et les médias que nous méritons.
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