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Trump, le châtiment de qui et de quoi ?

  • il y a 1 jour
  • 4 min de lecture

En recevant une punition on peut subir ou réagir, mais le plus avisé est d’en tirer profit. Comprendre à quelle faute elle répond, c’est à cette condition qu’une correction permet de se corriger.


On entend,à longueur de temps et sur toutes sortes d’ondes, pis que pendre sur Trump. Le Président américain serait la source de tous nos maux. On en oublierait le bilan calamiteux de Macron, les dévoiements d’une Union Européenne plus désunie que jamais, la crise de civilisation que traverse l’Occident…


Comme la Rome de Corneille, Trump est l’unique objet de notre ressentiment.


Il y a ceux qui vitupèrent, qui s’indignent et s’encolèrent. Ce sont les rebelles à une réalité que longtemps ils ont refusé de voir, ce sont les rois du déni. Ils se couvrent la tête de cendres. Leurs lamentations sont celles de la perte d’un monde aimable et doux.

Pour eux Trump est l’incarnation de Satan sur la Terre. Mais le Diable n’est-il pas le tôlier caché du Purgatoire où l’on est censé expier ses pêchés ?


Il y a ceux qui admettent que l’Amérique endettée au-delà de tout contrôle ne pouvait continuer à leur garantir une paix dont ils touchaient les dividendes sans se poser de question. Ceux-là reconnaissent du bout des lèvres que les Présidents américains qui se sont succédés depuis le début du siècle ont averti que les rentes les meilleures ne sont pas éternelles ; mais sans s’attarder à ce constat, ils se bornent à fustiger la brutalité de Trump. Pour eux Donald est un butor, un mal élevé, mal poli, et s’il était un ours, il serait mal léché. On suppose qu’ils consentiraient à faire pénitence, à condition qu’on le leur demande poliment.


Il y a ceux, aussi, qui, peu soucieux de cohérence, reprochent à Trump son protectionisme isolationiste, et qui, en même temps, le condamnent pour son intervention contre l’Iran ou au Vénézuéla, sans pouvoir contester que dans le fond, ils s’en réjouissent, car elles étaient nécessaires. Leur punition est celle du cul entre deux chaises, ou du grand écart qui déchire le fondement.


Il y a ceux, encore, qui croient qu’en désapprouvant la guerre on échapperait à ses conséquences. La peine, pour eux, est le risque d’être sanctionnés dans les urnes pour imprévoyance.


Il y a ceux qui invoquent le droit international sans voir que ses institutions, dont ils sont les architectes, sont en état de mort cérébrale. Ce coma dépassé n’est pas dû à un assaut de barbares, mais au traumatisme résultant de leur démission de  repentants tous azimuts. Leur pénitence est de devoir miser sur un Sud Global qui n’existe pas pour prendre la relève d’un Occident qui aurait démérité. Leur déception sera cruelle.


Tous et chacun ne veulent pas reconnaître que Trump est la punition de leurs propres errements. Ils oublient que Donald a été porté au pouvoir d’un second mandat par une majorité d’américains excédés des délires wokistes, des abus de la discrimination dite positive, de la repentance à tous les repas, et de ce rôle de gendarme du monde qui les faisait haïr du reste de la planète... somme toute, exaspérés de ce que le rêve américain devenait un cauchemar.


Nos Jocrisse font semblant d’ignorer que cette dénaturation des principes fondamentaux de la civilisation occidentale est encore en vigueur en Europe. L’égalité, la démocratie, la culture ont été inversées. Certains ont plus de droits que d’autres, les minorités agissantes prévalent sur la majorité, les anti-cultures ont seules droit de cité.


Trump est le contre-exemple de ceux qui se résignent, et en cela il leur  est éminemment odieux. Ses exagérations sont le désaveu de leur soumission à ce cours des choses qui mène au déclassement.  Il est le fouet de nos fautes, et il est piteux de s’en tenir à la critique de l’instrument, en oubliant la culpabilité.  Ce n’est, en tout cas, pas la voie de notre salut. Le redressement qui doit être d’abord moral, suppose la reconnaissance des échecs, pour l’heure il semble que pratiquement tous les Occidentaux, c’est-à-dire Européens, continentaux et Britanniques, préfèrent agonir

Trump de sarcasmes, en s’abstenant de reconnaître leurs erreurs et entreprendre d’y remédier.


Au Moyen-Age, on qualifiait Attila de fléau de Dieu, pour faire du roi des Huns un épouvantail absolu venu, bride abattue, du fond des Enfers châtier les mauvais croyants. Là où son cheval posait le sabot, l’herbe ne repoussait jamais. La légende veut que le barbare ne recula que devant la fermeté de Léon Le Grand.


Quatorze papes Léon plus tard, Trump est le boureau de nos illusions, là où passe son tarif douanier, le doux commerce trépasse. Même Léon XIV ne le fait pas hésiter.


Toute la question est de savoir, s’il est pour nous le portier du Purgatoire, ou le passeur des Enfers.


Il y a plusieurs versions de l’Enfer, toutes en font un séjour lugubre.


Nos dirigeants ne devraient pas se contenter de maudire le messager du destin, mais faire leur examen de conscience pour remédier aux causes de nos malheurs. S’ils ont ce courage, la purge sera amère, mais nous en reviendrons ; alors que, sauf pour des héros d’exception, tels Orphèe et Héraclès, l’Enfer est un lieu d’où l’on ne revient pas. Dante qui fait partie de ce petit nombre de revenants, nous a prévenus : « qui entre ici abandonne toute espérance ». Si nos politiciens se contentent de dire «Trump, Poutine, XI, … c’est l’Enfer », à l’imitation de Sartre pour qui « l’Enfer, c’est les autres », sans se remettre en question, notre Purgatoire risque d’être un véritable enfer, et ce seront eux qui nous y auront enfermés.


 
 
 

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