Une réflexion sur la question juive
- André Touboul

- 13 déc. 2025
- 2 min de lecture

Il est fatiguant d’être Juif. Mais ne plus l’être n’est pas une option, car, on le sait depuis Jean-Paul Sartre, on l’est dans le regard des autres.
Les Juifs ont beau s’intégrer et s’assimiler, ils restent des Juifs. Les Juifs allemands se croyaient de bons Allemands, ils découvrirent, un peu tard, qu’ils étaient en fait et uniquement des Juifs.
Des personnes à haïr et envier à la fois. « Un peuple d’élites, sûr de lui et dominateur », disait De Gaulle dont l’antisémitisme, vieille France, se limitait à ce constat mi-figue mi-raisin.
Un peuple déicide, a-t-on enseigné dans la chrétienté des siècles durant. Le changement récent de discours de l’Eglise de Rome n’a pas pu faire disparaître ce stigmate qui avait pour but de faire oublier aux chrétiens que leur religion n’était rien d’autre qu’une histoire juive.
Tout aussi lourd à porter que le fait que Jésus et tous les apôtres étaient juifs, celui que Dieu est une trouvaille du peuple hébreux.
Les pêchés d’Israël sont dans la Bible hébraïque l’image de la culpabilité inhérente à la condition humaine, qui explique et justifie sa pénibilité. Le christianisme s’est construit sur le principe d’absolution qui efface toutes les fautes, contre le judaïsme dont il fut à son origine une secte dissidente à vocation universelle, un droit du sol planétaire contre le droit du sang des hébreux. Tout concourt à la détestation universelle de ce peuple qui se dit élu, s’isole lui-même, coupable de ses qualités comme de ses défauts.
Décidément, être Juif n’est pas une religion, une race, une ethnie, c’est être un archétype, et c’est épuisant d’en être un.
En fait, la façon de le dire en anglais serait plus exacte : it is an harassment to be Jewish. Parce qu’il y a dedans du harcèlement et une fatigue harassante.
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